mercredi 21 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 17 - JEUDI LE 24 AVRIL - BEPPU - MONT ASO - UNZEN


Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». C’est volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.

Le déjeuner à l’hôtel SUGINOI est toute une expérience. D’abord, nous sommes les seuls occidentaux perdus dans une mer d’asiatiques, des coréens et des chinois. La salle à déjeuner est une véritable usine de nourriture. Il y en a pour tous les goûts. La qualité de la nourriture est quand même très bonne, et est extrêmement variée.
Nous quittons en autobus vers le mont ASO. La route pour s'y rendre est jolie. On ne voit plus d'habitations. C'est comme un parc national. Les NIPPONS brûlent les dessus de montagnes dans cette région dans le but de faire pousser le foin. Il y a de nombreux élevages de vaches, des chevaux. Paysage très vert avec de très nombreuses collines. 





Arrivé dans la zone volcanique, on voit les couloirs dans lesquels coulait la lave et on arrive dans la caldeira du mont ASO, la plus vaste du monde avec une circonférence de 140km. Impressionnant. On a du mal à imaginer la violence que dût être l'explosion qui a mené à ce volcan. Le mont ASO regroupe 5 volcans. Nous ne pouvons aller au sommet du volcan NAKA-DAKE en téléphérique car il vente trop, mais nous sommes chanceux, car nous pouvons y aller en minibus et il fait soleil. Il vente beaucoup et la température est un peu froide. 


La vue du cratère est spectaculaire. 
L'odeur acre du soufre est le commun dénominateur de cette excursion, mais à cause du vent, elle n'est pas très forte. On aperçoit les vapeurs et les fumerolles qui s'échappent du cratère, ainsi que le souffre, qui est d'une couleur jaune serin. Autour du cratère, un paysage de roches et de mousse domine l'espace visuel.









Puis, en route vers KUMAMOTO, une île seigneuriale très prospère au temps du SHOGUN TOKUGAWA (1603-1867). Nous n'arrêtons que pour y pendre la photo du château de KUMAMOTO, qui vient à peine d'être rénové entièrement. 










On se rend ensuite à notre RYOKAN, qui sera de loin le plus bel hôtel de tout le voyage. Le UNZEN MIYAZAKI RYOKAN. Véritable oasis de paix, entouré d'un jardin manucuré, avec fleurs, arbustes, rochers, et les petits lacs de boues volcaniques où les bulles d'air sortent de terre, quelquefois avec vapeur d'eau. À notre arrivée, 5-6 employés, certaines revêtues du kimono, nous saluent respectueusement et s'emparent littéralement de notre petite valise et courent pour aller la déposer devant l'ascenseur! 
L'entrée du RYOKAN est sublime, avec ses planchers de bois et son aménagement très zen. 
















Notre chambre est tout ce que j'avais espéré comme endroit de séjour japonais. 
Les portes coulissantes toutes de bois, éclairées par des petites fenêtres en papier. On ouvre la porte extérieure, enlevons nos souliers et faisons glisser la première porte pour voir une petite table sur laquelle se trouve un arrangement de thé, avec deux chaises basses avec accoudoir. Puis on fait glisser une autre porte pour apercevoir une vue sur les jardins. La pièce comporte deux chaises et une petite table, mais un peu plus haute que la précédente. 

Tout cet arrangement se trouve sur des tatamis. On retrouve partout des petites touches originales qui font de cet endroit un lieu de relaxation par excellence.
Puis on sonne à la porte. La petite serveuse qui nous a accueilli nous apporte du thé vert et nous explique, dans un anglais minimaliste, les choses à savoir dans ce RYOKAN. Tout cela en nous saluant tout le temps.
On se rend au bain thermal. Même rituel. L'eau est très chaude. Il y a un bain froid, ce qui fait diminuer notre température corporelle, vraiment agréable. Tout est propre.


Après, c'est le souper japonais, avec le même groupe de serveuses toutes habillées en kimono, dans une grande salle où on retrouve une grande muraille dorée qui présente l'arrivée des hollandais à NAGASAKI. 
Le décor est magnifique et nous nous retrouvons tous en YACUTA, assis dans des chaises sur des tables basses. 








Le souper comprend plusieurs services de nourriture toute japonaise. Très belle expérience, autant pour les yeux que pour le goût. 













Service impeccable, fourni par des serveuses toutes vêtues du kimono traditionnel, et qui attendent, assises sur leurs jambes, soit d'être appelé par un convive ou soit d'apporter le prochain plat.








Lorsque nous retournons à nos chambres, les deux futons sont placés par terre. La nuit sera très confortable, mais les odeurs de souffre en provenance des jardins sera forte en quelques occasions.
Séjour impeccable, expérience inoubliable.
















mardi 20 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 16 - MERCREDI 23 AVRIL - HIROSHIMA - KOKURA- BEPPU


 Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». C’est volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.

Nous quittons l'île principale du Japon, l'île de HONSHU, pour se rendre dans l'île la plus au sud, l'île de KYUSHU. 
Nous avons encore le plaisir de prendre le SHINKANSEN, véritable avion sur rail. Ce sera notre dernier trajet par train. Une merveille. Le train nous amène à KOKURA, sur l'île et on prend un bus qui nous entraîne dans la gorge YABA-KEI, formée par l'érosion de la lave d'anciens volcans. 




La route nous fait passer au travers des plus beaux paysages du voyage jusqu'à présent. Beaucoup de terres cultivées, beaucoup d'espace entre les différentes maisons, toutes de style japonais. Les maisons plus bourgeoises sont insérées entre des maisons plus "humbles" mais qui sont toutes aussi jolies. On voit moins de des commerces et de panneaux publicitaires aux couleurs criantes qu'ailleurs. Beaucoup de variétés d'arbres, des feuillus, des cèdres, des palmiers.....et il y aurait des bambous, mais je ne les ai pas vus!! Le détour pour aller visiter cette gorge n'en vaut vraiment pas la peine. Cette étape n'est pas nécessaire. Le seul avantage est de voir le paysage. D'ailleurs, cette gorge ne fait pas partie du guide Michelin.
Puis on visite le temple RAKAN-JI, situé à flanc de montagne, à l'intérieur des caves d'origine basaltiques (volcaniques). On note plusieurs endroits de recueillement dans de petites grottes. 









Pour y accéder, une chaise genre "chair lift" ancien, à quelques pouces du sol!! 














Dans un de ces petits endroits de recueillement, on a cloué une grande palette pour tout le groupe en demandant la santé et la longévité pour tous. 











Les nippons ont cloué de ces palettes partout,  pour manifester un souhait. On note aussi une cave avec les 500 AHARAT.









Restaurant japonais pour le lunch. Encore une autre formule intéressante. Tempuras un peu froids, mais, dans une petite marmite placée sur un réchaud, on retrouve des légumes, comme le choux, une pétoncle, du poulet, du calmar, tout ce mélange étant cuit à la vapeur. 









Restaurant typique de la région, situé à côté d'un champ immense couvert de petites fleurs bleues. Vraiment très beau. 

Puis, visite de différentes sources thermales; les sources de l'enfer, de l'Océan, de la flaque de sang, etc... 












Seule la première source mérite d'être visitée, à cause de ses jardins. 


































On voit que toute cette région est située dans une zone très volcanique. 
Partout on voir des émanations de vapeurs sulfureuses. Je me sens comme situé au dessus d'une bombe!! Ces visites ne valent pas beaucoup la peine.








La vue sur la baie de BEPPU, est impressionnante. Dommage que les organisateurs de ce voyage ne nous aient pas fourni une chambre avec vue sur la mer. C'est le seul endroit de tout ce voyage où la vue est essentielle!! Cet hôtel, le SUGINOI HOTEL, est tout simplement gigantesque et est rempli de chinois et de coréens. Tous viennent dans cette région pour y prendre des bains. Nous prenons donc les bains comme tout le monde en nous rendant revêtu de la YACUTA avec les milliers de chinois et de coréens. L'organisation est quand même bonne pour accommoder tous ces gens. Nous n'allons qu'à la piscine qui est refroidie à 40'C. C'est assez. La journée est belle et la vue correcte sur la baie.

Le souper est le meilleur que nous avons pris au NIPPON. Sept services, avec le sorbet. Toute une surprise pour une telle place.









lundi 19 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 15 - MARDI 22 AVRIL 2014- HIROSHIMA


Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». C’est volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.


C’était une des raisons pour lesquelles j’ai voulu entreprendre ce voyage : constater comment un peuple a pu se relever du pire bombardement de l’histoire humaine. C’est d’abord bizarre de se retrouver sur les lieux d'une ville qui fut rasée de la carte en quelques secondes il y a près de 70 ans. L'hôtel où nous logeons, je le constaterai, se trouvait presque à l'épicentre de l'explosion. On a peine à imaginer l'endroit à cette époque, tellement la ville est maintenant toute reconstruite et moderne. Elle a des tramways. Pourtant Tokyo fut aussi presque entièrement rasée, mais par des bombes incendiaires. C'est l'arme qui fut utilisée qui rend le sentiment de destruction si brutal. Les victimes de la bombe qui ont survécu à l’explosion initiale avaient le complexe d'être une victime devant les autres japonais, et bien longtemps, à l'instar des victimes récentes de FUKOYAMA, on croyait que la radiation était contagieuse. Il n'était pas question que les nippons aient des enfants avec les victimes de HIROSHIMA et de NAGASAKI. Même chose actuellement pour les victimes de FUKOYAMA.
On se rend d’abord vers le parc mémorial de la paix, où on peut déjà apercevoir le dôme de la bombe A comme on appelle le bâtiment qui a tenu debout suite à l'explosion. 
C'était le Bureau de promotion industrielle d'HIROSHIMA. Il semble que ce n'est qu'en 1966 qu'on ait finalement conclu de conserver ce dôme en souvenir de ce jour funeste. 


Le parc commémoratif abrite de nombreux monuments en l'honneur des 140,000 victimes de la bombe, dont le monument des enfants pour la paix, en l'honneur d'une petite japonaise qui a survécu 10 ans à la bombe pour ensuite décéder de leucémie.
Cette petite fille, nommée SADAKO, avait 2 ans le jour de l'explosion. En 1954, soit 9 ans après l’explosion de la bombe, la leucémie se déclara. Dans l'espoir de guérir, SADAKO se mis à plier 1000 grues de papier selon le style ORIGAMI. La tradition japonaise veut que la personne qui accomplit ce geste voie son vœu se réaliser. Malheureusement, elle ne pu que plier 644 grues avant de mourir de sa maladie. Son histoire bouleversa les écoliers de son école et ils décidèrent de compléter son œuvre, et de faire une levée de fonds pour concrétiser l'érection de ce monument. Depuis, tous les ans, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à HIROSHIMA.
On passe devant un petit amoncellement de terre devant lequel se trouvent deux pagodes stylisées et au dessus duquel on aperçoit aussi une petite pagode à 5 étages en béton. Très sobre. Cet amoncellement contiendrait les ossements des victimes qu'on n'a pas pu identifier. C'est le recueillement de notre guide SEKI-SAN qui m'a bouleversé. Elle a passé au moins 15 secondes la tête penchée, les deux bras le long du corps, à se recueillir devant ce monticule. Pourtant, je ne l'avais pas vu faire ce geste dans les très nombreux temples que nous avons visités. J'imagine difficilement comment un pays et ses citoyens peuvent se remettre d'un tel traumatisme. SEKI-SAN fut aussi très avare de commentaires sur les raisons pour lesquelles les américains ont utilisé la bombe A.
On passe ensuite devant le cénotaphe des victimes du bombardement. C'est à cet endroit qu'à chaque année, a lieu une cérémonie pour commémorer cet évènement tragique. Monument lui aussi très sobre, il s'agit d'une arche qui coiffe un tombeau où sont inscrits les noms de toutes les victimes qu'accompagne cet épitaphe: "Puisse les âmes reposer en paix, pour que l'enfer ne soit pas répété". L'arche est dans l'axe du Dôme de la bombe A.



On visite subséquemment le musée mémorial de la paix où on retrouve tous les renseignements sur les événements qui ont mené à la décision de larguer la bombe, sur l'explosion elle même et sur les conséquences de cette explosion sur les personnes qui ont survécues. Sont aussi exposés plusieurs objets ayant été déformés par l'explosion, dont cette montre, dont le boitier a presque fondu, et qui s'est arrêtée à 8h16 du matin. Visite faite dans le silence. On a peine à imaginer ce moment. Partie intéressante, on retrouve plusieurs lettres déclassifiées du département de la défense américaine ou sont écrites les discussions ayant mené au choix d'utiliser l'arme atomique et au choix des villes ciblées. 
Citons la lettre d’Albert Einstein adressée au président Roosevelt, l’avertissant de la puissance de cette bombe et des conséquences dont découlera son développement. Je ne fais que mentionner qu'on retrouve des arguments politiques qui sont très troublants. Le développement de la bombe A à coûté 2 milliards de dollars au trésor américain. Une fortune à l'époque. Il fallait entre autre prouver au peuple américain que cette dépense était justifiée ! Aussi, comme les soviétiques venaient d'entrer dans cette guerre, on voulait leur montrer la supériorité américaine en armements. Rien à voir avec le fait de tuer plus de 100,000 personnes pour  sauver plus de vies américaines ou japonaises. Enfin, une véritable horreur qu'ont du vivre les habitants de cette ville.    
L'impression dominante qui m'anime après cette visite est celle de l'impuissance. Le fait que nous sommes totalement dépendants des décisions des dirigeants quant à notre survie, et le fait que nous n’avons aucune influence sur les motivations qui animent ces dirigeants, dont certains sont assis sur ces milliers de missiles nucléaires.
Je ne sais pas comment on a pu être en appétit après une telle matinée, mais on était en appétit et ce fut une bonne affaire car on aura affaire à un "Bouffe chrétien", dans un restaurant typique d'HIROSHIMA. Il s'agit de deux étages où sont séparées des petites concessions de 12-14 places qui servent la crêpe d'HIROSHIMA, le "fast food" japonais. La chef verse d'abord de la pâte à crêpe, puis une fois cuite, elle y pose beaucoup de chou râpé, trois tranches de gras. Elle renverse le tout et y ajoute des fruits de mer, d'autres légumes, de la viande, etc... Le tout, arrose d'une sauce style barbecue. Bon, j'en prendrais peut-être une autre fois, mais l'expérience en fallait la peine.
Puis, on fait un trajet de 15km en bus pour se rendre au sanctuaire de ITSUKUSHIMA, situé sur l'île de MIYAJIMA, joyau de la côte de SANYO. On s'y rend en bateau, trajet de 2 km à peu près. On aperçoit d'abord le TORII "flottant". 










On le nomme ainsi parce qu'à marée haute, il semble flotter sur l'eau. Ce TORII est célèbre. Il est acclamé par les NIPPONS comme l’une des trois perspectives les plus spectaculaires du pays. 




Bâti sur pilotis, ce sanctuaire est une merveille comparable au Mont St-Michel. Symbiose entre un décor naturel et une architecture nipponne. Sur la jetée qui fait face à la mer, se trouve la plus ancienne scène de théatre NÔ du NIPPON. 










Du sanctuaire, en montant, on voit de nombreux temples dont le DAISHO-IN qui abrite un ensemble éclectique de statues bouddhiques et de divinités populaires. 
















Il y a même une forêt de petits AHARAT (en sanscrit) ou RAKHAN (en japonais), qui sont les 500 premiers disciples du bouddha, qui portent de petits chapeaux (parce qu’ils sont illuminés). C'est le temple avec la plus grande influence du bouddhisme tibétain. 




On y retrouve des roues à prière en montant les escaliers, qui prennent la forme de la rampe d'escalier et un très gros chapelet. 













On y retrouve aussi une oeuvre faite de sable de couleurs très variées qui a dû demander des heures de travail et une patience d'ange.


De retour à l'hôtel, on se dirige vers un autre hôtel où on déguste un autre souper japonais préparé devant nous par un chef sur une plaque. On nous sert pour la deuxième fois du bœuf très persillé, du genre bœuf KOBE, à 300$ du steak!!! Il faut être dans un voyage organisé pour déguster un bœuf à un tel coût!!!.