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vendredi 23 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 18 - 25 AVRIL - UNZEN - NAGASKI - IMARI - FUKUOKA ET JOUR 19 – 26 AVRIL - FUKUOKA – TOKYO – TORONTO – QUÉBEC



Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». Cest volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.

Je me lève à 6 heures pour profiter des bains du RYOKAN UNZEN MIYAZAKI. Je suis seul. Toute une sensation de bien-être!! La chaleur est enveloppante, le calme est partout. C'est vraiment une belle place, un beau lieu de séjour.
Le déjeuner est servi dans une salle. Il est occidental. On cuit les œufs dans une petite marmite peu profonde déposée sur un lampion. Les œufs sont déposés sur un morceau de jambon et le tout, déposé sur une feuille de papier ciré. Lorsque le tout est cuit, on glisse simplement le tout dans l'assiette. Fruits, croissant, pain, marmelade et café, tout est délicieux et l'atmosphère est parfaite. Il fera beau aujourd'hui.

NAGASAKI, est l'un des 3 plus grands ports du JAPON, avec, KOBE et KAMAKURA. C'est un port naturel en eau profonde qui attira les galions portugais, les jonques chinoises et les commerçants. Durant les deux siècles d'isolement (SAKOKU) du NIPPON, de 1641 à 1853, NAGASAKI fut l'une des seules portes japonaises ouvertes sur le monde extérieur. Cette ville a conservé sa minorité chrétienne très souvent persécutée.
Cest la première fois que nous voyons des bâtiments à l'européenne et des églises. Premier arrêt, le quartier d'URAKAMI, endroit où explosa la deuxième bombe nucléaire, le 9 août 1945 à 11h03. 
Une colossale statue pointe vers le ciel pour marquer l'endroit où la bombe explosa. 







Juste à côté, les vestiges de la cathédrale d'URAKAMI, réduite à néant par la déflagration. C'était la plus grosse cathédrale catholique dAsie. L'édifice en brique rouge a été rebâti en 1959 sur son site d'origine, mais 500m au nord de l'épicentre. La bombe devait exploser au dessus des infrastructures portuaires, mais comme il y avait des nuages, elle fut lancée à l'aveuglette. 






C'est l'église qui reçut le coup le plus important. Il y avait des fidèles dans l'église. Nous n'avons pas visite le musée de la bombe atomique, ayant vu celui d'HIROSHIMA. 

On voit des enfants qui visitent ce lieu. Je me demande ce qu'ils ressentent. Ça fait cependant plus de 3 générations que ces événements se sont passés. Ils se font prendre en photo, avec leur professeur. Anecdote: à Hiroshima, nous avons demandé à SEKI-SAN, notre guide, ce que signifiait HIROSHIMA pour les jeunes nippons et sa réponse fut stupéfiante: "Pour les jeunes, HIROSHIMA ce sont les HIROSHIMA CATS, une équipe de baseball". Le baseball est extrêmement populaire au NIPPON.



On visite ensuite le Mémorial National de la Paix, conçu à la mémoire des 70,000 personnes qui perdirent la vie ce jour-là. Encore ici, on voit une quantité considérable de grues style ORIGAMI en papier. C'est une continuation de ce qui s'est passé à HIROSHIMA, lors du décès de la petite SADAKO (voir jour à HIROSHIMA). 







C'est un magnifique bâtiment de verre où sincrustent des piliers lumineux, qui s'articule autour d'un bassin contenant 70,000 diodes qui s'allument la nuit. Il y a également un cénotaphe où les habitants de NAGASAKI prient leurs morts. Plusieurs photos sont projetées sur un long écran rappelant la mémoire des disparus. C'est moins émouvant que la visite d'HIROSHIMA, pourtant, l'horreur vécue fut la même. Elle aurait pu être pire car la bombe larguée sur NAGASAKI était 10 fois supérieure en puissance à celle d'HIROSHIMA, mais la ville fut protégée par les montagnes qui se situent tout autour.



On visite ensuite un quartier unique, anglais, les GLOVER GARDENS. 
Cet anglais fit fortune en créant le premier chantier maritime moderne du JAPON. Il épousa une nipponne. Son fils aîné reprit le nom japonais de sa mère. Les maisons GLOVER, WALKER, RINGER et ART se trouvent toutes sur une colline où on a une vue magnifique sur le port et la région portuaire. 







La plus grosse, la maison GLOVER, est aussi appelée maison « madame Butterfly », car l'épouse de GLOVER, aurait inspiré à Puccini l'opéra du même nom. 







De la maison, on peut même remarquer le chantier naval MITSUBISHI qui construit un navire de croisière dau moins 17 étages. Intéressant. J'imagine l'activité économique que génère la construction d'un bateau de cette dimension.










À côté de ces Jardins, on retrouve une église catholique, l'église OURA, De bois en style néo gothique.  C'est la plus ancienne du NIPPON, bâtie en 1864 pour rendre hommage aux 26 martyrs de la cité.
Lunch dans une pizzeria d'un centre commercial local, puis route au travers la vallée de SAGA, vallée réputée depuis 5 siècles pour produire des objets de très grande qualité en porcelaine. 



On visite lun des trois villages principaux de la vallée, IMARI. On y visite de nombreux ateliers où on peut admirer les œuvres des artisans de ce village qui est très typique et beau. Le pont est incrusté de morceaux de porcelaine, à l'image de ce que les artisans de la ville produisent.
On termine la journée à FUKUOKA en se rendant directement à lhôtel où nous dégustons notre souper dadieu.



Dernière journée au NIPPON - le 26 avril 2014
Départ pour laéroport de FUKUOKA. Nous prenons un vol de la compagnie ALL NIPPON AIRWAYS (ANA). Légère attente, puis le grand vol par AIR Canada vers Toronto. Mon Dieu que cest long !! Encore une attente à Toronto, où les 5 passagers de Québec se séparent des autres. Arrivée « a la casa » très fatigués, mais oh combien satisfaits !
Demain, les conclusions de ce magnifique voyage















lundi 19 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 15 - MARDI 22 AVRIL 2014- HIROSHIMA


Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». Cest volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.


C’était une des raisons pour lesquelles j’ai voulu entreprendre ce voyage : constater comment un peuple a pu se relever du pire bombardement de l’histoire humaine. C’est d’abord bizarre de se retrouver sur les lieux d'une ville qui fut rasée de la carte en quelques secondes il y a près de 70 ans. L'hôtel où nous logeons, je le constaterai, se trouvait presque à l'épicentre de l'explosion. On a peine à imaginer l'endroit à cette époque, tellement la ville est maintenant toute reconstruite et moderne. Elle a des tramways. Pourtant Tokyo fut aussi presque entièrement rasée, mais par des bombes incendiaires. C'est l'arme qui fut utilisée qui rend le sentiment de destruction si brutal. Les victimes de la bombe qui ont survécu à lexplosion initiale avaient le complexe d'être une victime devant les autres japonais, et bien longtemps, à l'instar des victimes récentes de FUKOYAMA, on croyait que la radiation était contagieuse. Il n'était pas question que les nippons aient des enfants avec les victimes de HIROSHIMA et de NAGASAKI. Même chose actuellement pour les victimes de FUKOYAMA.
On se rend dabord vers le parc mémorial de la paix, où on peut déjà apercevoir le dôme de la bombe A comme on appelle le bâtiment qui a tenu debout suite à l'explosion. 
C'était le Bureau de promotion industrielle d'HIROSHIMA. Il semble que ce n'est qu'en 1966 qu'on ait finalement conclu de conserver ce dôme en souvenir de ce jour funeste. 


Le parc commémoratif abrite de nombreux monuments en l'honneur des 140,000 victimes de la bombe, dont le monument des enfants pour la paix, en l'honneur d'une petite japonaise qui a survécu 10 ans à la bombe pour ensuite décéder de leucémie.
Cette petite fille, nommée SADAKO, avait 2 ans le jour de l'explosion. En 1954, soit 9 ans après lexplosion de la bombe, la leucémie se déclara. Dans l'espoir de guérir, SADAKO se mis à plier 1000 grues de papier selon le style ORIGAMI. La tradition japonaise veut que la personne qui accomplit ce geste voie son vœu se réaliser. Malheureusement, elle ne pu que plier 644 grues avant de mourir de sa maladie. Son histoire bouleversa les écoliers de son école et ils décidèrent de compléter son œuvre, et de faire une levée de fonds pour concrétiser l'érection de ce monument. Depuis, tous les ans, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à HIROSHIMA.
On passe devant un petit amoncellement de terre devant lequel se trouvent deux pagodes stylisées et au dessus duquel on aperçoit aussi une petite pagode à 5 étages en béton. Très sobre. Cet amoncellement contiendrait les ossements des victimes qu'on n'a pas pu identifier. C'est le recueillement de notre guide SEKI-SAN qui m'a bouleversé. Elle a passé au moins 15 secondes la tête penchée, les deux bras le long du corps, à se recueillir devant ce monticule. Pourtant, je ne l'avais pas vu faire ce geste dans les très nombreux temples que nous avons visités. J'imagine difficilement comment un pays et ses citoyens peuvent se remettre d'un tel traumatisme. SEKI-SAN fut aussi très avare de commentaires sur les raisons pour lesquelles les américains ont utilisé la bombe A.
On passe ensuite devant le cénotaphe des victimes du bombardement. C'est à cet endroit qu'à chaque année, a lieu une cérémonie pour commémorer cet évènement tragique. Monument lui aussi très sobre, il s'agit d'une arche qui coiffe un tombeau où sont inscrits les noms de toutes les victimes qu'accompagne cet épitaphe: "Puisse les âmes reposer en paix, pour que l'enfer ne soit pas répété". L'arche est dans l'axe du Dôme de la bombe A.



On visite subséquemment le musée mémorial de la paix où on retrouve tous les renseignements sur les événements qui ont mené à la décision de larguer la bombe, sur l'explosion elle même et sur les conséquences de cette explosion sur les personnes qui ont survécues. Sont aussi exposés plusieurs objets ayant été déformés par l'explosion, dont cette montre, dont le boitier a presque fondu, et qui s'est arrêtée à 8h16 du matin. Visite faite dans le silence. On a peine à imaginer ce moment. Partie intéressante, on retrouve plusieurs lettres déclassifiées du département de la défense américaine ou sont écrites les discussions ayant mené au choix d'utiliser l'arme atomique et au choix des villes ciblées. 
Citons la lettre dAlbert Einstein adressée au président Roosevelt, lavertissant de la puissance de cette bombe et des conséquences dont découlera son développement. Je ne fais que mentionner qu'on retrouve des arguments politiques qui sont très troublants. Le développement de la bombe A à coûté 2 milliards de dollars au trésor américain. Une fortune à l'époque. Il fallait entre autre prouver au peuple américain que cette dépense était justifiée ! Aussi, comme les soviétiques venaient d'entrer dans cette guerre, on voulait leur montrer la supériorité américaine en armements. Rien à voir avec le fait de tuer plus de 100,000 personnes pour  sauver plus de vies américaines ou japonaises. Enfin, une véritable horreur qu'ont du vivre les habitants de cette ville.    
L'impression dominante qui m'anime après cette visite est celle de l'impuissance. Le fait que nous sommes totalement dépendants des décisions des dirigeants quant à notre survie, et le fait que nous navons aucune influence sur les motivations qui animent ces dirigeants, dont certains sont assis sur ces milliers de missiles nucléaires.
Je ne sais pas comment on a pu être en appétit après une telle matinée, mais on était en appétit et ce fut une bonne affaire car on aura affaire à un "Bouffe chrétien", dans un restaurant typique d'HIROSHIMA. Il s'agit de deux étages où sont séparées des petites concessions de 12-14 places qui servent la crêpe d'HIROSHIMA, le "fast food" japonais. La chef verse d'abord de la pâte à crêpe, puis une fois cuite, elle y pose beaucoup de chou râpé, trois tranches de gras. Elle renverse le tout et y ajoute des fruits de mer, d'autres légumes, de la viande, etc... Le tout, arrose d'une sauce style barbecue. Bon, j'en prendrais peut-être une autre fois, mais l'expérience en fallait la peine.
Puis, on fait un trajet de 15km en bus pour se rendre au sanctuaire de ITSUKUSHIMA, situé sur l'île de MIYAJIMA, joyau de la côte de SANYO. On s'y rend en bateau, trajet de 2 km à peu près. On aperçoit d'abord le TORII "flottant". 










On le nomme ainsi parce qu'à marée haute, il semble flotter sur l'eau. Ce TORII est célèbre. Il est acclamé par les NIPPONS comme lune des trois perspectives les plus spectaculaires du pays. 




Bâti sur pilotis, ce sanctuaire est une merveille comparable au Mont St-Michel. Symbiose entre un décor naturel et une architecture nipponne. Sur la jetée qui fait face à la mer, se trouve la plus ancienne scène de théatre NÔ du NIPPON. 










Du sanctuaire, en montant, on voit de nombreux temples dont le DAISHO-IN qui abrite un ensemble éclectique de statues bouddhiques et de divinités populaires. 
















Il y a même une forêt de petits AHARAT (en sanscrit) ou RAKHAN (en japonais), qui sont les 500 premiers disciples du bouddha, qui portent de petits chapeaux (parce quils sont illuminés). C'est le temple avec la plus grande influence du bouddhisme tibétain. 




On y retrouve des roues à prière en montant les escaliers, qui prennent la forme de la rampe d'escalier et un très gros chapelet. 













On y retrouve aussi une oeuvre faite de sable de couleurs très variées qui a dû demander des heures de travail et une patience d'ange.


De retour à l'hôtel, on se dirige vers un autre hôtel où on déguste un autre souper japonais préparé devant nous par un chef sur une plaque. On nous sert pour la deuxième fois du bœuf très persillé, du genre bœuf KOBE, à 300$ du steak!!! Il faut être dans un voyage organisé pour déguster un bœuf à un tel coût!!!.