vendredi 4 novembre 2011

LES CROISIÈRES – POURQUOI NOUS LES AIMONS?

Nous aimons les croisières et nous en faisons souvent.
Souvent, nous recevons des regards inquiets du genre : « Mais ils sont si jeunes pour faire des croisières!, pourquoi n’attendent-ils pas d’être plus vieux pour faire ce genre de voyage?».
Pour nous, les croisières servent à découvrir des villes, à sentir les odeurs qui y prévalent, à regarder les gens qui déambulent dans leurs rues pour se rendre au travail ou y revenir, ou qui s’arrêtent prendre une consommation le temps d’une pause, ou tout simplement, pour prendre le temps, à admirer leur architecture, autant ancienne que moderne, leurs bâtiments, leurs musées, à goûter à leur nourriture, à tester leur transport en commun, à prendre le pouls de leur style de vie, de leur climat, à regarder et contempler leurs vitrines (à part les souvenirs locaux et certaines spécialités locales, la mondialisation rend maintenant ce genre d’activités moins intéressants, on retrouve la même marchandise partout!!), tout c’a dans une journée ou deux. Les croisières faites avec les amis permettent aussi à chacun de s'adonner à ses propres activités le jour, selon les gouts de chacun, et de se retrouver le soir autour d'une bonne bouteille pour se raconter sa journée.
Notre expérience nous permet de conclure que ce bref échantillonnage d’une ville nous donne le goût ou non d’y revenir. C’est ce qui s’est passé avec Istanbul, que nous avions découvert lors d’une croisière il y a trois ans. Nous avons eu le coup de foudre pour cette ville, avec l’intention d’y revenir pour un séjour plus prolongé. Nous avons eu le même coup de foudre pour Oslo, Stockholm, Gdansk(Pologne) il y a quelques années. Nous reviendrons séjourner dans ces villes un de ces jours.
Pour d’autres, c’est avant tout la vie de bateau qui les intéresse, avec à peu près toutes les activités que comprennent les hôtels « tout compris »; les excursions et découvertes des villes et pays les intéressent moins.
Imaginez les coûts et surtout l’énergie qui sont nécessaires pour visiter lors d’un seul et même voyage de 14 jours, Istanbul, Kavala(Grèce), Kusadasi(Turquie), Patmos(Grèce), Santorini(Grèce), Taormina(Sicile), Amalfi et Positano(Italie), Rome, Florence, Monaco, Marseille et Barcelone. C’est c’a l’avantage des croisières : découvrir une ville le temps d’une journée ou deux puis, retourner dans son hôtel flottant au nombre d’étoiles que vous désirez, se reposer, y manger, dormir, y faire ce que vous voulez et, le matin suivant, arriver dans une nouvelle ville.
À date, nous avons voyagé avec Holland America, Princess, Cunard, Norwegian, Costa et Oceania. En ordre, nous préférons Oceania, Cunard, Holland America, Princess, Costa et Norwegian. Nous ferons certainement un voyage sur Celebrity un de ces jours, mais lors de ce dernier voyage, nous avons voyagé sur un petit bateau (684 passagers) et nous devons avouer que ce fut une expérience très intéressante, surtout pour ceux qui, comme nous, n’utilisons les bateaux que pour se reposer, manger et dormir. Comparativement aux gros bateaux de 2500 passagers et plus, tout est près et plus convivial.
Demain, nous débuterons le voyage Istanbul-Barcelone qui s’est déroulé du 12 au 29 octobre 2011.

lundi 10 octobre 2011

VOYAGE À ISTANBUL (ISTAMBOUL)

Je pars pour Istamboul visiter cette nouvelle destination "à la mode" pour 5 jours et par la suite, pour une croisière qui nous mènera d'Istamboul à Phillipi, Éphèse, Rhodes, Santorini, Amalfi, La Sicile, Rome, Florence, Monaco, Marseilles et Barcelone. 17 jours de vie oisive pour découvrir et redécouvrir parmi les plus beaux sites de notre planète.
L'Internet se fera rare, et je vous avoue que j'ai le goût de prendre congé des courriels, cellulaires, et autres gadgets électroniques et me retrouver au temps où on prenait un crayon et un papier et qu'on écrivait à quelqu'un en prenant du temps. J'écrirai donc mes observations et mes réflexions tout le long de ce voyage et peut-être que je les partagerai avec vous à mon retour....si vous êtes gentils.
Bonnes semaines....

LA CRISE DE L’EURO – commentaires d’un non initié

Comment est-ce que je me sens avant de vous faire mes commentaires sur la crise de l’euro?  Comme on dit en bon québécois : « J’me sens en dehors de mes chouclaques ». Au Québec, on utilise cette expression lorsqu’on discute d’un sujet dans lequel nous ne possédons pas les connaissances ou n’avons pas  l’expérience pour supporter notre argumentaire. Malgré cette absence de connaissances ou d’expérience sur l’économie mondiale, j’ai une expérience de la vie! Je ne peux donc faire autrement que de me sentir relativement confortable de vous présenter ces quelques réflexions d’un citoyen qui lit beaucoup, qui n’a eu qu’un seul cours d’économie (en 1968!) dans sa vie et qui se pose énormément de questions sur la crise de l’euro. Car cette crise, qui semble se passer assez loin, sur un autre continent, aura des répercussions importantes chez nous, j’en suis sûr. Les décisions économiques que prennent les européens ont donc des répercussions sur notre propre train de vie. Qui eut cru? Est-on à l’aube d’une réflexion sur un gouvernement mondial?
La première question que je me suis toujours posée lorsque les européens ont adopté leur monnaie commune est la suivante : comment peut-on adopter une monnaie unique sans que tous les pays d’Europe aient la même discipline économique, la même fiscalité, et les mêmes budgets? Je n’ai pas relu les arguments qui ont mené à cette décision, mais certains pays, comme la Grande Bretagne et les pays Scandinaves, ont toujours refusé d’adhérer à la zone euro; il doit y avoir certainement d’autres raisons que le chauvinisme régional ou le patriotisme.
Les canadiens se rappelleront qu’il y a quelques années, le Canada avait contemplé, devant la dévaluation importante de son dollar face au dollar américain (0,65 sous, à l’époque, pour 1 dollar américain), la possibilité d’adopter le dollar américain comme monnaie. Les discussions n’avaient pas duré longtemps, mais beaucoup supportaient cette option. Lorsqu’on voit comment les américains sont profondément divisés sur les façons de gérer leur économie et sur la question budgétaire, et lorsqu’on voit les choix déchirants auxquels font face les grecs, on comprend mal comment un pays peut renoncer si facilement à son unité monétaire. C’est un peu comme si le pays se mettait volontairement sous la tutelle des autres face à l’utilisation d’un de ses plus importants leviers économiques : sa monnaie. Regardons ce qui s’est passé au Brésil, et plus récemment, en Argentine. Ces pays, au bord de la faillite, ont dû dévaluer considérablement leur monnaie pour reprendre leur contrôle sur leur économie.  Ceci rend entre autres les produits exportés par ces pays plus compétitifs sur le marché mondial et encourage le tourisme.  Comment la Grèce peut-elle répondre aux commandes de l’Union européenne de sabrer dans ses dépenses lorsque les autres pays qui la composent  utilisent l’endettement de leur propre état pour relancer leur propre économie, lorsque le taux de chômage est très élevé. Si les grecs acceptent d’autres coupures, ils augmentent inexorablement leur taux de chômage, qui est déjà passablement très élevé, surtout chez les jeunes (plus de 40%). Ils maintiendront une monnaie forte, dans un pays  pauvre, incapable de relancer son économie. Donc il m’apparait que la sécession de la Grèce n’est qu’une affaire de mois. Les citoyens français et surtout les citoyens allemands vont finalement refuser de payer pour un pays dont tout le monde sait qu’il vivait au dessus de leurs moyens.
C’est une question fort complexe qu’il est difficile de maîtriser. Il y a 10 ans, plusieurs pays européens ont pris la gageure de se doter d’une monnaie unique pour créer un contre poids au dollar américain et créer une nouvelle forme de dissuasion à la guerre en Europe. En se faisant, ils ont été obligés de se faire confiance en confiant à chacun d’entre eux le mandat de maintenir une certaine discipline économique, fiscale et budgétaire. La mémoire est une faculté qui oublie en politique et les politiciens doivent se faire réélire. Les obligations morales qui sous-entendaient la gestion d’une monnaie unique ont rapidement été oubliées et on se retrouve dans la situation qu’on vit actuellement. Bientôt, tous sont d’accord pour le dire, ce sera au tour de l’Espagne, du Portugal et plusieurs mentionnent la France.
Accrochez-vous bien, car je crois que les prochains mois vont être passablement agités économiquement. Que feront les chinois? Ils approvisionnent l’Amérique et l’Europe, ils ont 1,4 milliards de personnes à nourrir. Ils ne peuvent pas se permettre de voir l’Europe en récession car c’est leur deuxième marché. Très intéressant….à suivre!!

samedi 1 octobre 2011

UN ANGE-----HOMMAGE À UNE AMIE

La vie est surtout faite de rencontres, dont certaines sont plus marquantes que d’autres.  Parmi les plus marquantes, il y a bien sûr notre conjoint(e) et nos plus grands amis, ceux qui résistent au passage du temps. D’autres rencontres, et elles sont rares,  créent des liens différents de ceux qui nous unissent avec nos grands amis et nos conjoints. Ces liens sont fondés sur le respect inconditionnel que nous avons de la personne parce que nous l’admirons. Certains appellent cela une relation « groopie ». On aime quelqu’un parce qu’on l’admire. J’avoue donc que je suis un « groopie » de sœur Hélène! Le parcours personnel  et professionnel d’Hélène s’est déroulé  dans une dimension autre que celle dans laquelle je vis. Si les anges existent, elle en est un représentant sur terre.
Récemment, Hélène a célébré son jubilé d’or (50 ans) de vie religieuse. Pour fêter cet évènement, sa grande amie et complice, Aline, nous a demandé d’écrire un petit mot. Hélène m’a demandé de partager ce petit mot avec vous. Il vous permettra de mieux connaître cette perle : mon ange!
 BONJOUR HELENE

Aujourd'hui, je me permets de vous appeler Hélène, vous ayant appelé sœur Hélène depuis que je vous connais, mais je ne vous tutoierai pas, le respect et l'admiration que j'ai pour vous m'obligent à garder une certaine distance.
Je vous ai connu dès mon arrivée à l'hôpital St-Francois d'Assise, en 1985, là où vous avez exercé votre deuxième carrière pendant de si nombreuses années, votre  première ayant toujours été étant l'adoration de Jésus et la prière. Je reviendrai la dessus.
Cette première rencontre a été déterminante pour moi car j'y ai vu une femme dynamique et engagée auprès de ses patients, avec un sourire éternel accroché dans son visage. J'ai noté la force d'attraction que vous exerciez sur vos collègues. Ces derniers ont toujours su que vous les respectiez et qu'ils pouvaient compter sur votre bienveillante attention.
Mais je vous ai surtout connue en dehors de l'hôpital. Notre véritable complicité et amitié a débuté par un coup de téléphone ou une rencontre dans un corridor de l'hôpital, je ne me rappelle plus, mais c'était pour vous supporter dans votre troisième carrière, celle où vous vous occupez des familles et des personnes démunies. C'est d'ailleurs à cette troisième carrière que vous consacrez presque tout votre temps depuis votre retraite, en compagnie de votre complice et fidèle amie, sœur Aline. C'est cet amour des plus fragiles de notre société, copié probablement sur celui que vous avez pour Jésus, qui m'ébranle le plus à chacune de nos rencontres. Je suis particulièrement heureux que nos deux rituels annuels de Noël et de Pâques vous procurent tant de joie. Je suis toujours ébahi par l'importance que vous accordez à notre geste, nous qui avons tout. Sachez que nous le faisons parce que nous vous aimons avant tout, parce que nous vous sommes fidèles et que nous adhérons  à cette cause qui vous habite depuis toujours. Sachez aussi que dans ma vie, l'amitié que vous me portez et les nombreuses prières faites en notre faveur qui en découlent sont un des trésors que je chéris le plus. J'admire cette concentration intense que je retrouve lors de chacune des prières que vous récitez au début des repas que nous prenons ensemble ou dans votre chapelle, lors des visites que nous faisons avec Liette et Pierrot. Cette admiration est autant plus grande que pour moi, la prière demeure toujours un grand mystère. C'est en vous regardant prier que je peux comprendre que Dieu existe, mais je ne connais pas encore le chemin qu'il faut prendre pour vous imiter..
Hélène, vous êtes une Grande personne. Remarquez que j'ai écrit Grande avec un "G" majuscule. Grande car vous distribuez l'amour des que vous nous regardez. La société  québécoise peut se compter chanceuse d'avoir une citoyenne de votre calibre dans ses rangs. Je vous félicite pour vos 50 ans de vie religieuse. Je ne connais pas les critères qui définissent la sainteté, mais c'est en vous observant que nous pourrions les deviner Votre fidélité à votre Dieu,  à votre congrégation, à votre grande amie et complice Aline, à votre Hôpital, à vos patients, à vos pauvres, à vos nombreux amis, et à Liette et à moi, nous émeuvent.
J'espère que Dieu vous gardera avec nous pour encore de très nombreuses années.
Je vous aime......respectueusement!

Claude

mercredi 28 septembre 2011

Réflexions sur l'enthanasie

Je viens de lire les commentaires du Dr Marcel Boisvert, médecin québécois très impliqué en soins gériatriques et en soins de fin de vie, qui a longuement réfléchi à la question de l'euthanasie, dans la revue "Actualités médicales", revue d'actualités pour les médecins francophones du Canada.. Comme vous le savez, le Québec a tenu une Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Cette commission a terminé sa tournée et elle n’a pas encore produit son rapport. Fondamentalement deux philosophies trônent lorsqu’on parle d’euthanasie. Il y a ceux qui favorisent l’euthanasie, en faisant confiance au jugement de la personne mourante ou souffrante et il y a ceux qui disent que ces personnes n’ont pas bien été renseignées sur toutes les alternatives autres que l’euthanasie pour faire face à leur souffrance, qu’elle soit physique ou morale.

Plusieurs médecins se sont prononcés sur la question, autant lors de la tournée de la commission que dans la revue « Actualités médicales ». C'est dans l'édition du 21 septembre, que le Dr Boisvert revient sur la question, et nous soumet une réflexion que je désire partager avec vous. Elle me semble très pertinente.

(Après avoir lu les commentaires des médecins dans la revue « Actualités médicales »
« Il semble donc que les soignants soient peu capables de recevoir et d’intérioriser une demande d’aide à mourir. C’est donner raison au Dr Eric Cassell, le « père » de la notion de souffrance(1), quand il rappelle ce qui devrait être un axiome : « Seuls les malades savent combien atroce est leur souffrance »… et « lorsque leur demande (d’une aide à mourir) est conforme aux balises, elle devrait être exaucée »(2).
C’est également s’éveiller à l’insondable profondeur de l’humain, celle qui fit écrire à M. Davy : « Le vivant et le pré-mort ne peuvent communiquer; aucune frontière ne les relie. L’un et l’autre n’habitent pas le même temps(3). »
Il faut donc s’astreindre à accepter le mystère et à accompagner dans l’humilité, à la manière du psychiatre Yves Quenneville, que trois décennies de consultants en soins palliatifs ont fait dire : « Accompagner, c’est accepter de suivre une personne dans la direction qu’elle veut prendre, là où elle veut aller, quand elle veut y aller et à sa manière(4). » Toute autre stratégie s’adonne au risque du mépris, comme en a témoigné Hubert Doucet : « La personne mourante est maintenant privée de sa mort, alors qu’elle a été responsable de toute sa vie(5). »
Dr Marcel Boisvert
1. Cassell EJ. The Nature of Suffering and the Goals of Medicine, New England J Med 1982;
306: 639-45.
2. Ibid. When Suffering Patients Seek Death in Physician-Assisted Death, J. Hopkins U. Press,
2004, p.75.
3. Davy MM. Un itinéraire. Desclées, Paris, 1999.
4. Quenneville Y. Entrevue : Vivre avec un proche gravement malade, Bayard, Internet.
5. Doucet H. La quête d’une bonne mort. Info-Kara, déc. 1993, p. 61-65.
* Publié dans L'actualité médicale du 17 août, en page 49.

La direction dans laquelle penche le Dr Boisvert est assez claire. Chaque cas est un cas d’espèces et il doit être abordé avec toute la largeur d’esprit dont nous sommes capables. La grande variable est celle qui est mentionnée dans la première ligne du commentaire du Dr Boisvert : « Il semble donc que les soignants soient peu capables de recevoir et d’intérioriser une demande d’aide à mourir. »
Cette demande est en quelque sorte le constat de leur incapacité à guérir, ce pour quoi ils ont été formés. La mort est un échec ; elle n’est pas acceptable pour plusieurs médecins

jeudi 15 septembre 2011

LE TEMPS - passe t'il vite...ou lentement?

Nous ressentons tous, inévitablement, une pression du temps sur notre vie. « Mon Dieu que le temps passe vite ! » « N’as-tu pas l’impression que le temps passe plus vite ? » S’est-on déjà arrêté pour réfléchir à la notion du temps et surtout, comment l’apprivoiser, car, et c’est la seule justice, il s’égraine inévitablement au même rythme pour tout le monde. C’est la perception de ce rythme qui est différente pour tout le monde, et qui varie de jour en jour, pour le même individu.
Quant à moi, je n’y ai jamais tellement réfléchi. Je suis cependant conscient qu’il ne m’en reste plus autant qu’avant et, à l’instar de beaucoup de gens de mon âge, j’ai l’impression qu’il s’égraine plus vite.
J’ai toujours fait l’hypothèse que l’impression de cette durée du temps reposait en fait sur l’expérience qu’on faisait du temps qui nous était confié. Par exemple, si on prend un bébé qui a deux jours de vie, la deuxième journée de sa vie lui a donné 100% de plus de temps pour expérimenter la vie. Le temps doit sembler long à un bébé ! Après 5 ans, la première journée de la cinquième année correspond donc à 1/1725 du temps passé sur terre (1 jour sur 5 fois 365 jours). À 60 ans, la première journée correspond à 1/21900 du temps passé. Si on passe cette journée sans expérience particulière, elle nous semblera très courte. Par contre, si on la passe en voyage, en train de découvrir et vivre des expériences particulières, le temps nous semblera très court. On dira même : « Mon Dieu que la journée a été longue et bien remplie».  En voyage, on dit souvent : « J’ai l’impression que c’a fait 1 mois que je suis parti », quand, en fait, on a quitté une semaine. Pour d’autres, c’est le contraire. Lorsqu’ils n’ont rien à faire, le temps passe lentement et s’ils sont occupés, le temps passe vite. C’est donc très personnel.
Mais faisons fi de ma propre expérience et de mes propres explications pour lire ce que certains anthropologues et philosophes pensent du temps. Le journal « La Presse » du 2 septembre présentait une perspective philosophique, anthropologique, psychanalytique et psychiatrique du temps. Je n’ai retenu que les perspectives anthropologiques et philosophiques. Je suis heureux de constater que Pierre Trudel, professeur d’anthropologie au CEGEP du Vieux-Montréal présente des constatations similaires aux miennes. J’en ai donc déduit que j’avais une perspective anthropologique du temps. Voici ce qu’Il en dit :
«  Pourquoi le temps passe-t-il si vite? »
« Je vais vous répondre à titre d’anthropologue et d’être humain qui voit le temps passer. Je crois que cela relève d’abord de questions neurologiques, en ce qui a trait à notre perception du temps qui passe. La perception du temps change avec l’âge, la quantité de souvenirs qu’il y a dans notre cerveau. C’est pour ça que les enfants ont l’impression que le temps est si long! Et puis, il y a une question d’espérance de vie : si dans une société, on vit plus ou moins vieux, on a une notion du temps différente. Ensuite, il y a la question culturelle, qui joue aussi dans la façon dont le temps peut être perçu. J’ai beaucoup étudié les cultures autochtones, et ils ont une notion du temps tout à fait différente de la nôtre. Bien sûr, aujourd’hui, avec la vitesse, la notion du temps change aussi énormément. Je crois que cela est lié à notre économie. »
> Mais pourquoi particulièrement à la fin de l’été, avant la rentrée?
« Évidemment, plus on a de choses à faire, moins on voit le temps passer. Je m’interroge aussi sur la popularité des voyages. Mon voisin revient de Turquie, et il m’a dit qu’au bout d’une semaine, il avait l’impression d’être parti un mois. Les voyages aussi modifient notre perception du temps. Je m’interroge à savoir si la popularité des voyages ne serait pas aussi liée à tout ça. Vous savez, nous avons une culture hédoniste. Le temps, c’est important. Beaucoup plus important que dans une société moins hédoniste. »
Voilà pourquoi je vous ai mentionné avoir une perspective anthropologique du temps.

Maintenant, lorsqu’on contemple la perspective philosophique du temps, elle est aussi très intéressante…..mais plus compliquée !! Voici comment Jean Laberge, philosophe, auteur du livre « En quête de sens » et d’un blogue du même nom, nous présente le temps : Il débute d’abord avec une citation d’un auteur inconnu :
·        « La perception que nous avons du temps provient de la civilisation dans laquelle nous baignons selon laquelle tout doit être utile et mesurable. »
« Pourquoi le temps passe-t-il si vite? « 
« Pour le philosophe, la question est plutôt de savoir ce qu’est le temps, s’il existe objectivement, au-delà de notre conscience. Là-dessus, l’ABC de la réflexion commence par Saint Augustin, qui pose ainsi le problème: " Si personne ne me le demande, je le sais; si on me demande de l’expliquer, je ne le sais plus !" Voici maintenant pourquoi le temps est si énigmatique. On s’entend pour dire que le passé n’est plus; que le futur n’est pas encore. Donc, qu’en est-il du temps présent? Est-il ou non? Or, le présent, s’il était toujours présent – l’éternité, en somme –, le passé n’existerait pas. Donc, pour être du temps, il faut que le présent passe; par conséquent, le présent n’est que du temps passé; mais le passé n’est plus puisqu’il est passé. Conclusion: si le temps existe, il faut qu’il n’existe pas… Ouf! Bon, voilà pour les débuts ardus de la réflexion philosophique sur le temps. Le temps n’existerait donc que dans notre conscience, pas dans la réalité. Or, pour nous, modernes, le temps " file à toute allure". Pourquoi? Parce que le temps, c’est de l’argent… Donc, la perception que nous avons du temps provient tout simplement de la civilisation dans laquelle nous baignons, selon laquelle tout doit être utile et mesurable. »
> À la rentrée en septembre, pourquoi sommes-nous si pressés par le temps?
« Parce que l’important, c’est le travail. Nous, modernes, nous ne sommes rien sans le travail, car le travail est foncièrement utile. Ainsi va la modernité. Les vacances nous rappellent que le temps est une invention humaine. En vacances, nous baignons pour un moment dans un monde fait d’activités en apparence " inutiles"; par exemple, contempler la beauté d’un paysage, admirer une œuvre d’art, savourer une rencontre, lire un roman, connaître une autre culture, etc. Pour celui ou celle qui, en vacances, découvre par exemple les cantates de Bach, le temps n’existe plus. »
> Un truc, pour moins courir?
« On m’accusera sans aucun doute de prêcher pour ma paroisse, mais le meilleur moyen de s’évader de l’emprise du temps, c’est de cultiver les arts et la philosophie! »
Voilà pour ces deux perspectives.
Intéressant…non !
Le présent n’existe pas car lorsqu’on songe au présent, il est déjà passé !! Ouf !
Vive le temps….passé. Et vive le futur, c’est ce qui nous tient en vie : avoir des projets, un goût de voir évoluer quelque chose, le goût de s’occuper de quelqu’un. Qui ne se rappelle pas l’excitation des premières rencontres à venir !!, des premiers voyages de planifiés. C’est encore comme c’a, même à mon âge !

lundi 5 septembre 2011

« JE RESPIRE DONC JE SUIS » - SULAK SIVARAKSA

Durant les vacances, j’ai pu lire quelques numéros d’une formidable revue qui s’intitule « Courrier international ». Cet hebdomadaire, publié sous forme d’un journal par la compagnie qui publie le journal « Le Monde », traite des actualités tirées de journaux de partout dans le monde et publie des chroniques très diversifiées sur une multitude de sujets.
Je vous propose quelques extraits de cet excellent article du numéro du 21 juin 2011, qui origine de Sholto Byrnes du journal « The Independant » de Londres.

« Renoncer au matérialisme, réapprendre à vivre en harmonie avec la nature, mettre de côté son ego, redécouvrir les voies de la spiritualité, épouser la non-violence. »
 À 78 ans, Sulak Sivaraksa, infatigable militant bouddhiste, continue d’aller à contre-courant. « La mondialisation est une religion démoniaque qui impose des valeurs matérialistes et une nouvelle forme de colonialisme, » écrit-il dans son livre « The wisdom of Sustainability : Buddhist Economics for the 21st century. » Ce bouddhiste a été pressenti deux fois pour recevoir le prix Nobel de la paix. La dissidente birmane Aung San Suu Kyi, elle-même récipiendaire de ce prix, le considère comme « l’un des plus grands penseurs sociaux d’Asie »
« Le bonheur véritable ne résiderait pas dans les gains matériels ni dans la recherche incessante d’une croissance illimitée. La clef se situerait dans la quête de la sérénité »
 « En Occident, vous avez été endoctrinés avec la notion cartésienne du « Je pense donc je suis ». Mais l’ego, le « moi » n’est pas réel. Nous sommes inter-reliés »
Le bonhomme n’est pas qu’un théoricien. Quarante ans durant, il s’est échiné à mettre en pratique ses grandes pensées, en fondant des ONG en Thaïlande, en enseignant aux quatre coins du monde ou en conseillant le gouvernement du Bhoutan sur l’élaboration de son fameux concept du « bonheur national brut ». Plusieurs fois, il a été persécuté en Thaïlande, car il dérange!
Mu par sa profonde foi religieuse, le vieux sage n’emprunte pas la voie du « Cogito ergo sum » mais celle du « Je respire, donc je suis »
« Sommes-nous arrogants au pointe de faire fi du plus important élément de la vie? Une fois qu’on ara appris à respirer correctement,  à respirer correctement l’air qu’on inspire, à cultiver sa paix intérieure, alors le Bonheur intérieur brut en découlera » « Se débarrasser de l’obsession de la réussite » est tout aussi indispensable. »
Finalement, « Si nous n’introduisons pas la spiritualité dans notre vie, alors….boum, ce sera notre fin »
Voilà, je voulais vous présenter ce personnage haut en couleur, qui suit la même voie que celle du Dallai Lama, mais de façon différente. Renoncer au matérialisme, c'est pas évident!!
Je vous réfère à ma chronique sur le film « Des hommes et des Dieux » qui m’avait réintroduit au concept de spiritualité. Je vous dirai bien humblement que je n’ai pas fait grand chemin depuis!
Intéressant de le lire, surtout lorsqu’on pense aux messages que nous a laissés Jack Layton, dans lettre d’adieux aux Canadiens.
Je vais me pencher un peu plus sur ce concept du « Bonheur Intérieur Brut », je le trouve intéressant. Je vous revient la-dessus.