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jeudi 30 août 2012

QUI SÈME LE MÉPRIS RÉCOLTE LA HAINE

J'ai eu la permission de reproduire cette opinion d'un bon ami, le Dr Jacques Frenette, concernant la proposition de la Coalition Avenir Québec sur la santé. Ce groupe politique promet 1 médecin de famille par personne au Québec 1 an après son élection au pouvoir.
Cette opinion a paru dans la version du journal Le Devoir du 29 août 2012.
J'entérine cette opinion. Ce regroupement politique vit avec la pensée magique dans plusieurs secteurs de l'économie québécoise. C'est l'approche "scie-à-la-chaîne" qui prédomine. Ce n'est certes pas dans notre culture québécoise. Si 200$ d'augmentation de frais de scolarité ont pu entraîner la société québécoise dans une crise sociale sans précédent, imaginez lorsque le programme de la caq va être implanté!


"Le Dr Barrette risque fort d'être impuissant!

Le choix de M. François Legault d'annoncer en début de campagne qu'il a l'intention de confier au Dr Gaétan Barrette les dossiers de la Santé, en particulier de trouver un médecin de famille dans l'année me fait douter du jugement de M. Legault.

À mon avis, M. Barrette est le pire candidat pour demander aux médecins omnipraticiens, jeunes ou âgés, d'en faire un peu ou beaucoup plus. Comme médecin de famille et médecin d'urgence, j'ai senti du mépris et de l'arrogance de sa part à maintes reprises dans ses déclarations et dans les publicités payées à grands frais par les membres de son syndicat. D'ailleurs plusieurs collègues spécialistes m'ont fait part de leur malaise et  m'ont transmis leurs excuses au sujet des propos de leur président.

Il me semble que pour M. Legault et M. Barrette, la seule façon de faire bouger quelqu'un qui s'est senti méprisé est la force. Rappelons nous que  M. Legault, alors ministre de la Santé, a déjà envoyé un huissier chez un médecin d'urgence de Québec pour qu'il fasse une garde au Saguenay. Les crises des urgences de  Jonquière et de Shawinigan, n'ont pas été réglées par la force. La coercition et l'intimidation ne pourront certainement pas donner à tous les québécois l'accès à un médecin de famille dans la prochaine année.

Le Dr Bolduc et éventuellement le Dr Hébert, peuvent continuer le travail fait au cours des dernières années pour faciliter l'accès aux soins de première ligne en collaborant avec le Collège Québécois des médecins de famille, la FMOQ et les universités. Depuis quelques années, de plus en plus de gradués des quatre facultés de médecine du Québec choisissent la médecine familiale et la médecine d'urgence comme carrière.

En exigeant la garantie  de pouvoir reprendre sa place de président de la fédération des médecins spécialistes, advenant un échec comme candidat ou comme ministre,
M. Barrette montre un symptôme qui conduit souvent à l'impuissance: l'anxiété de performance. Je vous laisse imaginer quelles seront ses relations avec le prochain ministre de la Santé du Québec."

présentation:

Dr Jacques Frenette, médecin de famille en pré-retraite, est membre actif à l'UMF Laval du CSSS de la Vieille Capitale. Il a travaillé 33 ans à l'urgence de l'hôpital Laval. Professeur titulaire au département de médecine familiale de l'Université Laval jusqu'en septembre 2011, il a fait plusieurs présentations et publications sur les thèmes des relations médecin-malade, des relations enseignant-enseigné, de l'évaluation des programmes de formation médicale et sur le développement de l'enseignement médical en région. Expert pour le CMQ et pour l'ACPM, il a été consulté dans plusieurs dossiers de discipline et de responsabilité médicale.

lundi 10 octobre 2011

LA CRISE DE L’EURO – commentaires d’un non initié

Comment est-ce que je me sens avant de vous faire mes commentaires sur la crise de l’euro?  Comme on dit en bon québécois : « J’me sens en dehors de mes chouclaques ». Au Québec, on utilise cette expression lorsqu’on discute d’un sujet dans lequel nous ne possédons pas les connaissances ou n’avons pas  l’expérience pour supporter notre argumentaire. Malgré cette absence de connaissances ou d’expérience sur l’économie mondiale, j’ai une expérience de la vie! Je ne peux donc faire autrement que de me sentir relativement confortable de vous présenter ces quelques réflexions d’un citoyen qui lit beaucoup, qui n’a eu qu’un seul cours d’économie (en 1968!) dans sa vie et qui se pose énormément de questions sur la crise de l’euro. Car cette crise, qui semble se passer assez loin, sur un autre continent, aura des répercussions importantes chez nous, j’en suis sûr. Les décisions économiques que prennent les européens ont donc des répercussions sur notre propre train de vie. Qui eut cru? Est-on à l’aube d’une réflexion sur un gouvernement mondial?
La première question que je me suis toujours posée lorsque les européens ont adopté leur monnaie commune est la suivante : comment peut-on adopter une monnaie unique sans que tous les pays d’Europe aient la même discipline économique, la même fiscalité, et les mêmes budgets? Je n’ai pas relu les arguments qui ont mené à cette décision, mais certains pays, comme la Grande Bretagne et les pays Scandinaves, ont toujours refusé d’adhérer à la zone euro; il doit y avoir certainement d’autres raisons que le chauvinisme régional ou le patriotisme.
Les canadiens se rappelleront qu’il y a quelques années, le Canada avait contemplé, devant la dévaluation importante de son dollar face au dollar américain (0,65 sous, à l’époque, pour 1 dollar américain), la possibilité d’adopter le dollar américain comme monnaie. Les discussions n’avaient pas duré longtemps, mais beaucoup supportaient cette option. Lorsqu’on voit comment les américains sont profondément divisés sur les façons de gérer leur économie et sur la question budgétaire, et lorsqu’on voit les choix déchirants auxquels font face les grecs, on comprend mal comment un pays peut renoncer si facilement à son unité monétaire. C’est un peu comme si le pays se mettait volontairement sous la tutelle des autres face à l’utilisation d’un de ses plus importants leviers économiques : sa monnaie. Regardons ce qui s’est passé au Brésil, et plus récemment, en Argentine. Ces pays, au bord de la faillite, ont dû dévaluer considérablement leur monnaie pour reprendre leur contrôle sur leur économie.  Ceci rend entre autres les produits exportés par ces pays plus compétitifs sur le marché mondial et encourage le tourisme.  Comment la Grèce peut-elle répondre aux commandes de l’Union européenne de sabrer dans ses dépenses lorsque les autres pays qui la composent  utilisent l’endettement de leur propre état pour relancer leur propre économie, lorsque le taux de chômage est très élevé. Si les grecs acceptent d’autres coupures, ils augmentent inexorablement leur taux de chômage, qui est déjà passablement très élevé, surtout chez les jeunes (plus de 40%). Ils maintiendront une monnaie forte, dans un pays  pauvre, incapable de relancer son économie. Donc il m’apparait que la sécession de la Grèce n’est qu’une affaire de mois. Les citoyens français et surtout les citoyens allemands vont finalement refuser de payer pour un pays dont tout le monde sait qu’il vivait au dessus de leurs moyens.
C’est une question fort complexe qu’il est difficile de maîtriser. Il y a 10 ans, plusieurs pays européens ont pris la gageure de se doter d’une monnaie unique pour créer un contre poids au dollar américain et créer une nouvelle forme de dissuasion à la guerre en Europe. En se faisant, ils ont été obligés de se faire confiance en confiant à chacun d’entre eux le mandat de maintenir une certaine discipline économique, fiscale et budgétaire. La mémoire est une faculté qui oublie en politique et les politiciens doivent se faire réélire. Les obligations morales qui sous-entendaient la gestion d’une monnaie unique ont rapidement été oubliées et on se retrouve dans la situation qu’on vit actuellement. Bientôt, tous sont d’accord pour le dire, ce sera au tour de l’Espagne, du Portugal et plusieurs mentionnent la France.
Accrochez-vous bien, car je crois que les prochains mois vont être passablement agités économiquement. Que feront les chinois? Ils approvisionnent l’Amérique et l’Europe, ils ont 1,4 milliards de personnes à nourrir. Ils ne peuvent pas se permettre de voir l’Europe en récession car c’est leur deuxième marché. Très intéressant….à suivre!!

mardi 24 mai 2011

L’AFFAIRE DSK – UNE AFFAIRE DE MORALITÉ DIFFÉRENTE ENTRE DEUX PAYS

Évidemment, je ne pouvais pas ne pas faire une chronique sur cette affaire qui, disons le, est presque sans précédent. Mais avant de la publier, je désirais trouver une façon non pas d’y apporter quelque élément nouveau : tout a été dit sur ce sujet et même, tout a été trop dit sur ce sujet. Ce que je retiens le plus de cette affaire est la différence considérable avec laquelle les deux pays impliqués, les États-Unis et la France, traitent de cette question. Ce que je veux exprimer comme opinion « originale » dans cette chronique est le fait que j’espère que les femmes françaises utiliseront cet évènement pour franchir une autre étape vers la criminalisation des agressions sexuelles, quel que soit le résultat du procès de DSK. Son affaire sera en quelque sorte le catalyseur d’un changement probable.
C’est triste de voir un homme puissant débouler aussi rapidement du sommet de son socle. Ce qui est plus triste encore, c’est de constater la différence avec laquelle les médias français et les médias américains traitent de cette affaire. En France, c'est presque l'indifférence lorsqu'on rapporte les sentiments des français envers la femme de chambre; on dirait même de plus qu'ils ont du ressentiment envers elle car son histoire élimine presque sûrement DSK du poste de candidat socialiste à la présidence de la France. Les américains ne connaissent pas le bonhomme et il est traité comme n’importe qui. Nous savons de plus qu'aux États-Unis, qui que ce soit qui eut été dans cette chambre du Sofitel aurait eu le même traitement. 
Le traitement des affaires de moralité sexuelle non violente est un peu exagéré aux États-Unis. C'est la faute des politiciens car beaucoup, pour séduire l'électorat républicain religieux conservateur, mettent de l’avant l’importance de la vie familiale lors de leur campagne électorale. Aucun de ces politiciens ne peut survivre à une liaison adultère publicisée. Ces gens-là trompent en fait leur électorat. C'est une question d’hypocrisie. Au Canada et au Québec, les relations  adultères  d’un politicien n’intéressent personne.  René Lévesque en a été l’exemple le plus probant. Tous savaient que c’était un séducteur invétéré, mais on considérait que c’était sa vie privée. Ici, on fait la différence entre la vie publique et la vie privée.
Mais ce qui est semblable tant aux États-Unis qu’au Canada, c’est la façon dont on traite les agressions sexuelles. On ne traite pas de la même façon un séducteur qu’un agresseur. Ce sont deux choses différentes. Au Canada et aux États-Unis, c’est maintenant tolérance zéro pour les agresssions sexuelles, grâce à toutes les femmes qui ont eu le courage de porter plainte en dénonçant leur agresseur. Au début, ce fut difficile car ces femmes devaient le plus souvent se défendre de ne pas avoir "provoqué" l’agression. Aujourd’hui, ce n’est pas encore facile, mais au Canada, les femmes n’ont plus à prouver qu’elles avaient une moralité sans faille avant l’agression. Ce n’est pas parce que tu es une prostituée qu’un homme a le droit de t’agresser sexuellement! J'apprends qu'à New York, c'est la même chose.
En France, c’est une toute autre affaire. Je suis toujours sidéré de voir à quel point les publicités sont sexistes lorsque nous y voyageons. Beaucoup des publicités affichées le long des routes et celles qui sont vues à la télévision ne pourraient être affichées ou projetées ici. La relation des français avec leurs femmes est différente d’ici : pour beaucoup de français, la femme est encore une "femme objet". 
Dans la Presse du 17 mai dernier,  Patrick Lagacé publiait des extraits d’un livre écrit par  deux journalistes français en 2006 et qui porte sur les mœurs politiques françaises. Je suis d’accord avec ce qui est rapporté. Il écrit : « Ce que les auteurs  décrivent, surtout, c'est un climat de tolérance extrême pour les dérapages sexuels des politiciens français. Un climat où les flics, sur ordre de leurs maîtres politiques, ferment les yeux quand ils surprennent un haut placé dans une position compromettante de nature potentiellement criminelle ».
Il y a une grande différence entre une relation adultère et une agression sexuelle! La première est basée sur une relation consensuelle entre deux adultes;  si elle déplaît à certains, elle n’est certes pas criminelle. La deuxième est exclusivement une relation de pouvoir entre l’homme agresseur et sa victime et  n’a rien à voir avec le sexe. L’homme veut posséder cet « objet » qui est en face de lui parce qu’il en a envie et qu’il se sent la puissance de le faire, même si cet « objet » ne veut pas. Lysiane Gagnon l’écrit bien dans La Presse du 17 mai : « il y a des hommes à qui le pouvoir et la richesse ont fait croire que tout leur était permis... ».
À l’instar de Patrick Lagacé et d’Alain Dubuc (La Presse du 20 mai), je crois qu’en France, les personnes importantes peuvent échapper à des comportements sexuels qui sont criminels, avec la complicité des autorités et des journalistes. J’en rajoute, je dirais que c’est parce qu’en France, pour plusieurs, on croit encore que la femme est celle qui provoque. Si DSK avait eu son impulsion en France, je ne crois pas que c’a aurait pris toute l’Importance que c’a prend aux États-Unis. Imaginez : comment une immigrante africaine de 32 ans qui est  femme de chambre peut accuser le président de la banque mondiale et futur président de France? On sacrifie la femme de chambre. La révolution française n’a pas encore réussi, après 221 ans, à faire en sorte que tous sont égaux devant la loi, lorsqu’on parle de crimes sexuels.  
Voici ce que va rapporter  une étude qui sera publiée prochainement dans Psychological Science : « Researchers  found that the higher men — or women — rose in a business hierarchy, the more likely they were to consider or commit adultery. With power comes both opportunity and confidence, the authors argue, and with confidence comes a sense of sexual entitlement. If fame and power make sex more constantly available, the evolutionary biologists explain, it may weaken the mechanisms of self-restraint and erode the layers of socialization that we impose on teenage boys and hope they eventually internalize. »  (http://www.time.com/time/world/article/0,8599,2072527,00.html#ixzz1NJMspk2b)
Dans son article de la revue Time Magazine du 19 mai, Nancy Gibbs en rajoute : « We know that powerful men can be powerfully reckless, particularly when, like DSK, they stand at the brink of their grandest achievement. They tend to be risk takers or at least assess risk differently — as do narcissists who come to believe that ordinary rules don't apply. They are often surrounded by enablers with a personal or political interest in protecting them to the point of covering up their follies, indiscretions and crimes. »  (http://www.time.com/time/world/article/0,8599,2072527,00.html#ixzz1NJQ4hAx5)
On peut facilement imaginer le désarroi dans lequel se retrouvent les personnes qui avaient placé tous leur intérêt dans l’élection de DSK au poste de président de la France. Ces personnes ont intérêt à protéger leur poulain.
Malheureusement pour lui, DSK a exercé son impulsion dans un pays « où la culture politique, judiciaire et médiatique est l'exact contraire de celle de la douce France. « (Lagacé, La Presse 17 mai)
Je prédis d’abord qu’au cours de cette affaire, on va voir apparaître en public une multitude de femmes qui ont eu des relations « particulières » avec  DSK, car il est très probable que ce n’est  pas la première fois qu’il a eu ces pulsions (on vient d’en connaître une, justement, et le Time de cette semaine en rapporte d’autres). Je prédis aussi que  cette affaire va déclencher, pour une fois, un vrai débat en France sur l’importance d’avoir une politique de tolérance zéro pour tout ce qui concerne le harcèlement sexuel et l’agression sexuelle. À peine 10% des femmes violées font une plainte en France, selon un reportage de TF2 entendu dernièrement.  Elle est terminée, l'époque où l'on mettait la brutalité sexuelle sur le compte d'un excès de virilité, où l'on trouvait normal qu'un homme de pouvoir puisse traiter impunément les femmes comme des objets sexuels. La France aura perdu son premier choix au repêchage pour la course à la présidence, mais elle gagnera  en moralité.

NOMINATIONS CONSERVATRICES — D'IMPORTANTS CHANGEMENTS POLITIQUES SONT À PRÉVOIR -PRISE 2

Un des fidèles lecteurs du blogue m'informe de la difficulté de fournir un commentaire sur une des chroniques. Je vais tenter d'élucider la question et vous donnerai la recette....si je réussis. En attendant, mon collègue voulait faire un commentaire que je trouve très pertinent et que je veux partager avec vous. Voici donc ce qu'il dit.

"Le Bloc n'est pas mort, il mourra ou survivra à la suite de la prochaine élection fédérale. Il ne faudrait pas s'étonner que quelques élus NPD se déclarent déçus d'ici deux à trois ans et deviennent des députés du Bloc. Plusieurs de ces nouveaux élus ont déclaré des sympathies souverainistes et pourraient vouloir réintégrer le bercail. Si le nombre des transfuges était d’au moins huit, cela signifierait que le Bloc obtiendrait à nouveau son statut de parti reconnu. Je vois d'ici la tête éberluée de tous ces commentateurs, hommes et femmes politiques qui ont célébré la mort du Bloc.

Quant au nouveau cabinet, j'agrée avec le commentaire de Claude quant à Christian Paradis, je note qu'il ne faut pas négliger le rôle que sera appelé à jouer Denis Lebel. Un autre titulaire d'un ministère de premier plan qui dans ses interventions publiques depuis qu'il a le statut de ministre a bien défendu les intérêts du Québec. Pour un, je lui fais confiance.

L'histoire nous montrera comment ce gouvernement conservateur se comportera quant au soutien à la culture et aux droits et libertés. Je rappelle, pour me rassurer, que ce sont les conservateurs de Richard Bennett qui ont créé Radio-Canada, ceux de John Diefenbaker qui rédigèrent la première Déclaration canadienne des droits, ancêtre de la Charte canadienne des droits et libertés. Finalement, ne perdons pas de vue que c'est lorsque Brian Mulroney était premier ministre que le Musée de la civilisation du Canada sera construit à Gatineau."

samedi 21 mai 2011

NOMINATIONS CONSERVATRICES - D'IMPORTANTS CHANGEMENTS POLITIQUES SONT À PREVOIR


J'avais le gout de faire une chronique sur les nominations de M.Harper après avoir écouté les nouvelles. Je ne savais pas sous quel angle la traiter mais la chronique de Vincent Marissal du journal La Presse de jeudi matin m’a fournit les idées.
J'avais écrit le 5 mai dernier que l'élimination du Bloc Québécois de la Chambre des communes favoriserait la remontée du sentiment indépendantiste au Québec. Il n'y a plus de gardien de but de "l'équipe Québec" à Ottawa, toute l'équipe est maintenant au Québec, dans les mains des élus du parti Québécois. Ces nominations sont le début de la remontée du sentiment.
Nous verrons comment le NPD pourra concilier les intérêts de l'ensemble des canadiens du "rest of Canada" (ROC) avec ceux des québécois. Sur ce sujet, je suis confiant qu'il pourra le faire: il devra cependant choisir ses batailles.
La Presse titrait jeudi matin: "Ontario 15, Québec 4". Non mais à quoi s'attendait le Journal?
Le Québec a volontairement décidé de se retirer du pouvoir au fédéral depuis 20 ans en votant continuellement pour des députés des partis de l'opposition! Je me questionne cependant sur l'importance du poids de la somme des ministres d'une province sur les investissements dans cette province. Une province est-elle favorisée lorsqu'un conseil des ministres comprend plus de ministres d'une province. Je n'ai pas l'impression que c'est le cas.
Pour revenir aux nominations d'hier, faisons en la liste:
1-    le plus grand batailleur du parti, M. John Baird a été nommé aux affaires extérieurs. Il me semble qu'il n'a pas le physique de l'emploi. Il devra passer d'un ton fort et arrogant à un ton poli et distingué.  
2-    Nouvelle nomination de Bev Oda , celle qui a falsifié un document officiel, et qui a donc été la raison pour laquelle nous avons eu des élections. Il semblerait de plus que où qu’elle ait été, elle n'a certes pas laissé une grande impression. C'est probablement pour la récompenser d'avoir fait sa gaffe, ce qui a indirectement permis au premier ministre de devenir majoritaire!
3-    Retour de Maxime Bernier, dont le manque de jugement a  deja été observé, dont les idées de droite sont très à droite, et dont la position sur l'importance du maintien de la langue française au Québec est très inquiétante. Cet automne, devant un auditoire anglophone de la Nouvelle Ecosse, ne s'attendant pas à être filmé, il soutenait que les jeunes québécois ne priorisent plus le maintien de la langue française un Quebec; les jeunes etant maintenant tournés vers le monde. Comme quoi on ne peut pas faire les deux!!
4-    La nomination du seul député conservateur de Terre Neuve au poste de ministre des affaires intergouvernementales est aussi déroutante, sachant que les deux dossiers litigieux entre le Quebec et Terre Neuve touchent le partage des droits de prospection et d'exploitation du gisement Old Harry (pétrole dans le Golfe du Sain-Laurent) et le financement du prêt de 4,2$ milliards pour un câble sous marin entre Terre Neuve et les provinces maritimes. De plus, ce ministre serait aussi unilingue anglophone.
5-    La nomination du duo Clemens et Flaherty au Conseil du Trésor et aux finances respectivement, annonce une série de coupures importantes pour rencontrer  l’objectif du déficit zéro dans 4 ans. Ces deux-là étaient avec Mike Harris en Ontario. On peut  présumer que certaines des coupures toucheront la culture, les ONG, et seront en lien avec l’idéologie de droite….à suivre
6-    La cerise sur le gâteau est la nomination de 3 candidats défaits à des postes de sénateurs. On aurait souhaité qu'il se conserve une petite gêne. Imaginez comment les citoyens, qui ne voyaient déjà pas d'utilité au Sénat, vont maintenant apprécier le rôle de la Chambre Haute! Un dépotoir de candidats défaits, donc de candidats que la population n'a pas voulu!! Le sénat a entre autre comme fonction de défendre les minorités. Les pères de la confédération ont souhaité un sénat composé de sénateurs nommés et non élus,  pour faire contrepoids à la Chambre des Communes, composée de députés élus, donc "obligés" en quelque sorte de défendre les intérêts de leurs constituants et, culturellement au Canada, votant habituellement selon les lignes décrétées par le parti. Ils souhaitaient que la Chambre Haute soit composée de  "sages", habituellement des personnes avec des expériences et des carrières exceptionnelles, qui apporteraient un éclairage diffèrent aux projets de loi déjà approuvés par la chambre, et qui s’assureraient entre autre que les projets de loi tiennent compte des intérêts de la minorité des électeurs. Comme le disait si bien Jean Chrétien, avec son accent typique: “Faut toujours pas s’attendre à ce que la majorité protège les droits des minortés”. Aujourd'hui, avec ces nominations des plus partisanes non basées sur les compétence ou les expériences pertinentes, on assiste à un détournement sans précédent du portrait privilégié du sénateur “typique”: il devient un parking de candidats défaits. J'aime mieux un Jean Lapointe et un Jacques Demers que les trois nominations qui viennent d’être faites.
Bon, maintenant, sur une note plus positive, je trouve intéressant la promotion de M. Christian Paradis. J'ai toujours trouvé cette personne sympatique. Ses interventions, autant au parlement qu'aux médias, sont toujours très réfléchies. C'est un grand travailleur et il me semble toujours bien préparé. Il défend son patron bec et ongles, mais je n'ai jamais trouvé que les arguments utilisés pour la défense du premier ministre étaient irréfléchis et dits sur un ton immodéré. Toujours extrêmement poli, il sourit et me semble très intelligent. Dommage qu'il soit conservateur!
Bon, nous faisons partie d’un pays qui a décidé que c’est ce qu’il voulait. J’ai l’impression que le Canada commence à ressembler aux États-Unis: Démocrates sur la côte Est et en Californie, et Républicains ailleurs. Au Canada, les Maritimes, le Québec et la Colombie Britannique sont au Centre gauche et le reste du Canada, à droite (Ouest) et au centre droit (Ontario). C’est vraiment Toronto qui décidera maintenant du type de gouvernement qui nous dirigera.

jeudi 5 mai 2011

ÉLECTIONS 2011 – EST-CE LA FIN DU MOUVEMENT INDÉPENDANTISTE?

Depuis deux jours, est apparu  un questionnement sur les conclusions et les conséquences de la presque disparition du Bloc québécois sur le sentiment indépendantiste. Certaines tribunes radiophoniques ont prédit la fin du mouvement indépendantiste au Québec. Même la chef du parti québécois, en tentant de répudier cette hypothèse, ne m’est pas apparue comme très convaincante.
Je me suis fait une opinion la dessus que je souhaiterais partager avec vous.
Mon hypothèse est que depuis le référendum de 1995, la présence du Bloc Québécois à Ottawa a été le principal frein à la montée du  sentiment indépendantiste au Québec. La présence du Bloc à Ottawa a en quelque sorte rassuré les indépendantistes mous et les nationalistes non indépendantistes, mais  capables de voter « oui » à un référendum si les conditions d’existence du Québec au sein de la fédération canadienne devenaient difficiles. Cette présence du « Nous » contre « Eux » à Ottawa a créé un coussin de sécurité tel que même l’adoption de politiques contraires aux intérêts des québécois, n’a pas permis d’augmenter le sentiment indépendantiste au Québec. « Le Bloc va défendre nos intérêts ». Nous avons tous pu assister, au cours des 15 dernières années, au discours d’un Gilles Duceppe enragé,  montant aux barricades à la sortie de la Chambre des Communes, lorsque l’adoption de tel ou tel projet de loi contrevenait aux intérêts du Québec. Dans la tête des gens, il y avait un gardien de but à Ottawa! Les conditions d’existence du Québec au sein de la fédération ont ainsi été « protégées » par le Bloc, et le Parti Québécois n’a jamais pu utiliser la stratégie d’un mauvais fonctionnement de la fédération canadienne comme argument pour augmenter la « chaleur » indépendantiste, étant limité dans ses interventions aux  politiques « provinciales ».
Les élections ont rayé le Bloc de la carte politique canadienne.
Comment les québécois vont-ils maintenant réagir lorsqu’un projet de loi ou une directive ministérielle ira à l’encontre des intérêts du Québec? Ils ne verront plus le visage enragé de M. Duceppe à la télévision. Le NPD lui-même, comme tous les partis fédéralistes, aura à analyser la mesure proposée ou décidée par le gouvernement, d’abord en la comparant à son programme, puis à la lumière de son impact sur les canadiens en général, et non uniquement en fonction des intérêts des québécois. Une mesure peut être très bonne pour le Canada et moins bonne pour le Québec. Prenons comme exemple, un des gros arguments du Bloc contre le gouvernement Harper durant la campagne. Le gouvernement Harper a financé GM  à hauteur de 7,1 milliards pour permettre à l’industrie de l’automobile de survivre en Ontario, tandis qu’il n’aurait aidé l’industrie forestière du Québec qu’avec des subventions de 170 millions$. Difficile pour le NPD de se montrer offensé d’une aide de 7,1$milliards pour l’industrie de l’automobile. C’est bon pour le Canada, et conséquemment, c’a devrait être bon pour le Québec. Le mieux que peut faire le NPD est de tenter d’augmenter l’aide aux forestières.
Le parti québécois va redevenir LA  voix des intérêts québécois à Ottawa. À l’instar de l’exemple de l’aide aux forestières, il va pouvoir utiliser toutes les frustrations qui vont émaner de certaines des politiques du gouvernement Harper, démontrer que ces politiques vont à l’encontre des valeurs des québécois et probablement augmenter le sentiment indépendantiste. Quatre vingt quatre pourcent des québécois ont voté contre la vision du pays proposé par M. Harper. M. Layton et son parti vont avoir des difficultés de contrer les politiques qui vont à l’encontre de son programme : ils sont minoritaires. Autre exemple. Il est certain que le registre des armes à feu va être aboli au cours des 100 premiers jours du gouvernement Harper. Le maintien du registre des armes à feu est important pour les québécois : c’est ici qu’a eu lieu le massacre de Polytechnique et les tueries à l’Assemblée Nationale et à Dawson. M. Layton a eu des difficultés avec son ancien caucus pour aller chercher le nombre de voix nécessaires à assurer la survie du registre lorsque le gouvernement Harper était minoritaire. Même si M. Layton monte aux barricades si le registre est aboli, c’est Mme Marois qui fera le plus de gain politique en rappelant l’importance du maintien du registre dans les valeurs des québécois et en proposant,  par exemple, que dans un Québec indépendant, le registre des armes à feu serait rétabli. Il y aura une multitude d’occasions comme celles-là au cours des 4 prochaines années.
En conclusion, je crois qu’au contraire, la disparition du Bloc québécois va servir les intérêts du mouvement indépendantiste en permettant au Parti québécois de reprendre le leadership de la défense des intérêts du Québec. Je crois que Mme Marois jubile actuellement et qu’elle ne versera que quelques larmes de crocodile aux funérailles du Bloc….

dimanche 1 mai 2011

LES ÉLECTIONS AU CANADA – LA DÉMOCRATIE À SON MEILLEUR

J’ai déjà fait un blogue sur les élections le 27 avril dernier. Je tentais d’expliquer les causes de la remontée du NPD au Québec. Aujourd’hui, je suis plus certain des causes que j’avançais il y a à peine 5 jours. Je considère que les québécois en particulier, et des canadiens de certains coins du pays, donnent aux politiciens du pays la plus belle leçon de ce qu’est la démocratie et des pouvoirs que peut prendre la population lorsqu’elle décide qu’elle en a ras-le-bol. Je trouve cela très exhaltant.
D’abord,  le premier ministre nous a pris pour acquis, et j’hésite à utiliser les mots « nous a pris pour des caves ». Son seul message de la campagne a été: une majorité est nécessaire pour faire progresser le pays économiquement. On a assisté à  aucun dialogue avec la population, à un  contrôle des questions des journalistes, à une attitude de glace et à une quasi absence d’émotions;  il n’a jamais vu venir la vague de contestation de cette vision d’un pays dirigé de la façon dont il l’a fait et de la façon qu’il nous proposait de continuer à le faire.
Les québécois sont en majorité des socio démocrates. Avant 1982, leur vote appartenait en très grande majoritéau au parti libéral. Le parti libéral est en chute libre au Québec depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution par Pierre Elliott Trudeau en 1982. Il n’y a jamais eu une majorité de députés libéraux depuis cette date au Québec.  Le vote socio démocrate des québécois a d’abord été orienté vers Brian Mulroney à la fin des années 80 et au début des années 90, lors des années du « beau risque » que même M. Lévesque avait accepté. Après l’échec du Lac Meech, en 1993, il a été détourné vers le Bloc.
Le style de leadership de M. Harper ne convient pas à une très grande majorité des québécois. Lors du déclenchement des élections, la question au Québec était donc : comment bloquer le parti conservateur. Les libéraux ont tenté de canaliser ce vote de protestation, mais malheureusement, comme le dit si bien Margaret Wente dans le Globe and Mail du 30 avril dernier, en parlant de M. Ignatief : « He’s the wrong man in the wrong party at the wrong time ». Le parti libéral ne s’est pas encore remis du scandale des commandites et M. Ignatief présente encore l’image d’une personne « arrogante », probablement à cause de la façon dont il présente ses idées. Le parti libéral ne peut donc pas servir de déversoir des votes socio démocrates des québécois. En passant, Pierre Goglia, dans sa chronique de la Presse du 30 avril intitulée "L'arrogance", est très sarcastique en critiquant cette supposée arrogance de M. Ignatief. Permettez-moi d’en reprendre certaines lignes :
« Surtout que ça n'en prend pas tellement pour être perçu comme arrogant dans ce pays. Tu maîtrises bien ton discours? T'as l'air de savoir ce que tu dis? Au lieu de tout simplifier, tu apportes des nuances qui rendent compte de la complexité des choses? Tu ne te caches pas d'être un intellectuel? T'es rien qu'un arrogant.
T'as pas une tête de mononcle comme la plupart des leaders politiques? T'es arrogant. T'as de l'ambition, c'est clair, des titres universitaires pour la porter, est-il assez arrogant, ce crisse-là? »
(http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/201104/30/01-4394890-larrogance.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_pierre-foglia_3264_section_POS1)

La plus grande surprise de cette élection est que les québécois se sont enfin aperçus qu’ils pourraient tenter un retour dans un parti fédéraliste qu’ils ne connaissent pas du tout, mais qui correspond d’emblée à leurs aspirations et leurs idéaux socio démocrates. Ils se sont aperçus que le Bloc ne peut être le seul parti capable de défendre les intérêts des québécois.  Lorsqu’un couple décide de vivre ensemble, il doit y avoir des compromis qui certaines fois, ne seront pas toujours dans l’intérêt de l’un ou l’autre des deux conjoints. Ces compromis prennent leurs racines dans  les principes qui gouvernent  la vie de l’un et l’autre des conjoints. Tant que ces compromis ne remettent pas en question les principes fondamentaux qui animent la vie de l’un ou l’autre des conjoints, ils sont acceptables et aident au maintien du couple. Comme la séparation politique du Québec devra se décider au Québec, et non à Ottawa,  tant que les québécois  accepteront de demeurer au sein de la fédération canadienne, il y aura des décisions qui seront prises et qui ne seront pas toujours dans l’intérêt des québécois. Tout dépendra des principes qui seront impliqués dans la décision. Par exemple, toute décision d’un parti fédéraliste qui mettrait en péril le maintien de la langue et de la culture française au Québec ne pourrait  faire l’objet de compromis.
En conclusion, les québécois s’apprêtent à donner une leçon de démocratie à tous nos dirigeants politiques canadiens. C’est une très belle et une très bonne nouvelle pour les gouvernés que nous sommes. Nos dirigeants ne doivent jamais prendre nos votes pour acquis.
J'ai une seule peur cependant: en Ontario, je crains que dans certains comptés remportés par les libéraux, que plusieurs de ces votes aillent vers le NPD et que la conséquence soit le passage du candidat conservateur.
Note-pour ceux qui sont intéressés par la « performance » des gouvernements provinciaux NPD au Canada depuis 1940, j’ai trouvé ce papier de l’Université de Toronto qui fait un b onbilan de ces gouvernements. En passant, Il semblerait qu’historiquement, le NPD a le meilleur record pour diminuer les déficits, parce qu'entre autre, il a toujours fait l'objet de plus de  surveillance et des critiques des milieux financiers.

mercredi 27 avril 2011

ÉLECTIONS DU 2 MAI - VOTEREZ-VOUS BLEU, ORANGE, ROUGE, VERT OU….BLOC?

J’avoue à ma grande honte que je commence à trouver que c’a valait la peine de déclencher des nouvelles élections fédérales. Au début, je me disais qu’il n’y avait pas grand-chose dans le paysage politique qui avait changé depuis deux ans, que les sondages replaçait les conservateurs à la tête des intentions de vote des canadiens, avec une autre minorité. Je me disais qu’au Québec, les québécois allaient encore voter pour le Bloc et qu’on assisterait à un statu quo qui nous coûtera encore 300$ millions. Et puis arriva Jack….
Non mais avouez, vous êtes vous-mêmes un peu surpris de ce phénomène. Je vois encore M. Layton, au débat des chefs en français et en anglais, regarder la caméra bien en face et dire a  plusieurs reprises, à la fin de ses interventions, quelque chose comme : « Mesdames et messieurs, votez pour le NPD », j’avais l’impression de me retrouver avec les slogans des années 70-80. À la fin de ces deux débats, je ne me rappelle pas avoir été impressionné par M. Layton; au contraire, je trouvais que son message n'était pas clair et qu'il avait surtout mis l'emphase sur son "Votez pour le NPD".  
Alors que se passe-t-il au Québec pour expliquer un tel virage NPD? Est-ce que les québécois connaissent bien le  programme du NPD? Je ne le crois pas. Est-ce la présence de Thomas Mulcair, homme très sympathique, qu'on voit souvent dans les médias, qui a remporté le compté d’Outremont deux fois, qui a eu une influence importante sur la nouvelle politique canadienne que défend le NPD et qui a quitté son poste de ministre de l’environnement du gouvernement Charest sur une question de principe? Je ne le crois pas non plus.  Je crois que ce qui se passe actuellement est un phénomène transitoire qui est une manifestation du ras-le-bol des électeurs non déjà endoctrinés dans un parti politique: ces derniers vont voter pour leur parti, quelle que soit la mouvance des idées politiques "à la mode". Les souverainistes purs et durs vont voter Bloc, les libéraux et conservateurs "de père en fils et de mère en fille"  vont aussi voter pour leur parti respectif. Les nationalistes québécois, qui votent Bloc, libéral ou conservateur aux élections fédérales, ont enfin une façon de dire qu’ils ne s'identifient pas à  Stephen Harper et à ses valeurs, qu’ils trouvent Michael Ignatief sympathique, mais qu'ils ne le connaissent pas encore suffisamment pour lui faire confiance et lui pardonner d'être chef d'un parti qui est descendu aux bas fonds de la corruption (pourtant M. Ignatief a eu deux ans pour se faire connaître comme chef de l’opposition, bâtir un programme qui aurait pu être diffusé bien avant la première semaine des élections et se distancer des anciens politiciens libéraux associés au scandale des commandites)  et que 20 ans de politique défensive avec le Bloc est assez. Les électeurs québécois "mous" et "non engagés" veulent donc se donner une chance de voir les vrais couleurs du NPD, les deux autres « vieux » partis les ayant déçus terriblement au cours des 10 dernières années. C’est quand même le NPD qui, en 1947(!) fut le premier, en Saskatchewan, à créer un système d’assurance hospitalisation, mettant ainsi le gouvernement canadien devant un fait accompli et le forçant en quelque sorte, à créer un tel programme au niveau fédéral, mais qui n'arriva que 10 ans plus tard, soit en 1957 (Québec instaurait son système d'assurance hospitalisation uniquement en 1961).   C’est aussi ce même parti qui, en 1961, a créé le premier programme d’assurance maladie, dans la même province, 5 ans avant que le Canada n’adopte la première loi sur les services médicaux (1966) qui mena à la création de l’assurance maladie au Québec en 1970. Il y a dans ce parti des racines qui rejoignent les tendances très socio démocrates des québécois. Les conservateurs occupent seuls la droite de l’échiquier politique, les libéraux ont de la difficulté à se camper au centre ou à gauche et le NPD occupe clairement toute la gauche de l’échiquier, avec le Bloc.
Mes déprimes dans cette campagne :
1-Comment les gens intelligents du comté de Portneuf peuvent-ils réélire André Arthur? (les derniers sondages lui accordent une avance de 7%), un homme qui reçoit son salaire de député de 153,731$ (voir tableau à la fin qui est très instructif) , qui n’assiste à peu près pas aux délibérations de la Chambre (il a manqué 44 jours de vote au cours de la dernière année), qui est peu présent dans son comté et qui exerce un deuxième emploi de chauffeur d’autobus. N'est-ce pas de la fraude? Si n'importe quel d'entre nous exerçait un deuxième emploi qui empiétait sur notre capacité d'exercer les tâches du premier, on nous montrerait la porte assez rapidement. Pourquoi les électeurs de Portneuf ne font-ils pas cela? À suivre....

2- La persistance du vote conservateur dans ma région, la région de Québec. Je ne sais pas à quoi attribuer ce phénomène. Je refuse de croire à l’influence des radios poubelles. Il y a un fond conservateur dans la région, c’est indéniable, et il est présent depuis des décennies. Dans mon comté, Québec (anciennement Langelier), on a assisté  au passage des libéraux (M. Gilles Lamontagne, de 1977 à 1984, avec des fortes majorités libérales), des conservateurs (Michel Côté en 1984 et Gilles Loiselle en 1988, avec de fortes majorités), et du bloc, depuis 1993 avec  Mme Christiane Gagnon. Au cours des deux dernières élections, Mme Gagnon a remporté la circonscription avec 41% des voix, les conservateurs étant au deuxième rang avec 30% et 26 % respectivement pour 2006 et 2008. La somme du vote libéral et NPD était respectivement de 21% et 29% en 2006 et 2008. Ainsi, si les votes NPD ne se recueillent qu’auprès de l’électorat libéral, on assistera  encore à une victoire de Mme Gagnon, sauf si un bon pourcentage des votes de Mme Gagnon, les nationalistes non indépendentistes, va au NPD. Aux dernières élections provinciales de 1998, le PQ ne recueillait que 32% des votes, avec 30% d’abstention. Il y aurait donc de 8 à 10% des votes du Bloc qui sont "friables". Il y a donc une grande fragilité des votes, et la remontée du NPD peut aider les conservateurs. À suivre...
3- L’absence de débat et de discussion, par les chefs du parti libéral et du NPD, autour du message clef du parti conservateur : "La réduction des impôts aux entreprises aide à  la création d’emplois". La littérature économique n'est absolument pas unanime à confirmer cette supposition (Globe and Mail, samedi 24 avril 2011, page F4). Si on va à l’extrème, on devrait abolir tous les impôts, ce qui créerait encore plus d’emplois!! Mais qui paierait pour les politiques sociales qui sont le fer de lance de l’identité québécoise et canadienne? La véritable question est : "ou se trouve le juste milieu entre un niveau de taxation équitable pour les entreprises qui s’installent au Canada, et la création d’une richesse collective qui se bâtit autour d’une population éduquée et en santé"? Si on ne conserve pas assez de pouvoir de taxation sur les entreprises pour éduquer la population et la maintenir en santé, avec le temps, les entreprises vont se retrouver avec une main d’œuvre mal  éduquée et fragile. Ce type de bassin de main d'oeuvre est économiquement acceptable (mais non socialement) pour les entreprises dont les produits requièrent peu de technologie (textile, etc..), mais peu acceptable pour le type d'entreprises à valeur ajoutée qu'on retrouve au Canada.  Il me semble clair qu’ici, au Canada, le plus grand avantage des entreprises est de bénéficier d’un bassin de main d'oeuvre bien éduquée et traitée à l’intérieur d’un système de santé qui s’occupe d’eux lorsqu’ils le requièrent. Le coût de la santé des employés n'est pas au frais des entreprises (comme aux États-Unis), il est au frais de l'état. C’est une richesse collective qui vaut bien 2-3 points d’imposition pour les entreprises!!
4- Le refus de considérer la coalition comme solution à un gouvernement Harper minoritaire. Je comprends qu’au Canada anglais, l’idée de confier la balance du pouvoir à un parti indépendantiste doit avoir sur eux l’effet du poil à gratter, mais avec la remontée du NPD au dépend du Bloc québécois, la possibilité d’une coalition entre le parti libéral et le NPD devient une possibilité intéressante. Les autres partis risquent quand même de récolter de 61 à 63% des votes (si les conservateurs ramassent de 37 à 39% des votes). Pourquoi devrions-nous subir les politiques de droite d'une minorité de canadiens?
Donc le 2 mai, on assistera à un vrai suspense!! Allez voter
Député
Indemnité de session de baseLes députés qui occupent certains postes ou certaines charges ont droit à une rémunération supplémentaire en conformité avec la Loi sur le Parlement du Canada telle qu’énumérée.
157 731,00 $
Premier ministre
Salaire
157 731,00 $
Premier ministre
Allocation automobile
2 112,00 $
Président de la Chambre des communes
Salaire
75 516,00 $
Président de la Chambre des communes
Allocation automobile
1 061,00 $
Président de la Chambre des communes
Allocation de logement
3 000,00 $
Chef de l'Opposition à la Chambre des communes
Salaire
75 516,00 $
Chef de l'Opposition à la Chambre des communes
Allocation automobile
2 122,00 $
Ministre
Salaire
75 516,00 $
Ministre
Allocation automobile
2 122,00 $
Ministre d'État
Salaire
56 637,00 $
Secrétaire d'État
Salaire
56 637,00 $
Chef - autres partis
Salaire
53 694,00 $
Vice-président de la Chambre des communes
Salaire
39 179,00 $
Vice-président de la Chambre des communes
Allocation de logement
1 500,00 $
Leader en Chambre de l'Opposition
Salaire
39 179,00 $
Whip en chef du gouvernement
Salaire
28 420,00 $
Whip en chef de l'Opposition
Salaire
28 420,00 $
Secrétaire parlementaire
Salaire
15 834,00 $
Vice-président des comités pléniers
Salaire
15 834,00 $
Vice-président adjoint des comités pléniers
Salaire
15 834,00 $
Leader en Chambre - autres partis
Salaire
15 834,00 $
Leaders adjoints à la Chambre - Gouvernement et opposition officielle
Salaire
15 834,00 $
Whip - autres partis
Salaire
11 165,00 $
Assistant du whip en chef du gouvernement
Salaire
11 165,00 $
Whip adjoint de l'Opposition officielle
Salaire
11 165,00 $
Présidents de caucus - Gouvernement et opposition officielle
Salaire
11 165,00 $
Président de comité permanent et mixte permanent
Salaireà l'exception du Comité de liaison et du Comité mixte permanent sur la Bibliothèque du Parlement
11 165,00 $
Présidents de caucus - Autres partis
Salaire
5 684,00 $
Leaders adjoints à la Chambre - Autres partis
Salaire
5 684,00 $
Whip adjoint - Autres partis
Salaire
5 684,00 $
Vice-président de comité permanent et mixte permanent
Salaireà l'exception du Comité de liaison et du Comité mixte permanent sur la Bibliothèque du Parlement
5 684,00 $