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mardi 13 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 11 - VENDREDI 18 AVRIL - KYOTO

Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». C’est volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.

Première journée grisâtre et un peu pluvieuse, mais le soleil est quand même apparu vers le milieu de la journée.
Visite du pavillon d'or, le KINKAKU et du RYOAN-JI.
La journée un peu pluvieuse nous procure un avantage, elle nous permet de sentir les nombreuses odeurs des différentes espèces d'arbres et de fleurs qu’on voit dans le jardin.
Propriété du SHOGUN ASHIKAGA YOSHIMITSU, le terrain et le pavillon d'or voulaient représenter la terre pure du Bouddha dans le monde. À cause du commerce avec les chinois, le SHOGUN prospéra et le pavillon devint le plus célèbre de la période KITAYAMA, les deux étages supérieurs du pavillon sont recouverts de feuilles d'or. 




Le site est magnifique et les jardins 
sont très bien tenus. Le pavillon peut être admiré de partout, le long de la circonférence du lac. Un chemin ombragé débouche sur un beau jardin à l’extrémité duquel se dresse le pavillon légendaire. Il s’agit d’une réplique fidèle de l’original, détruit par un incendie volontaire en 1950 ; l’événement a été raconté par l'écrivain MISHIMA YUKIO  dans un livre intitulé "Le pavillon d'or" en 1956. Ce fut un succès.





Le temple  RYOAN-JI de la secte bouddhiste RINZAI, situé un peu plus loin, renferme un jardin ZEN de sable et de pierres considéré comme le plus parfait jamais conçu. C'est le premier jardin sec sensé représenté ou la mer ou les nuages. Il mesure 25m x 10m et il fut créé au début du 16ieme siècle, au début de l'ère MUROMASHI, par un moine ZEN. 


C'est une surface de sable blanc ratissée sur laquelle on a déposé 15 rochers regroupés en 5 groupes. En le regardant, on en arrive toujours à des questions sans réponses; qu'ont voulu signifier les artisans qui l'ont élaboré? Dans les autres jardins tout aussi manucurés, on balaie les feuilles qui sont tombées sur la mousse, car c'est aussi le jardin des mousses. 





On y retrouve un petit bassin rond dans lequel on a percé un petit trou carré, le TSUKABAÏ. Le long de ce trou, sont alignés quatre signes chinois qui signifient "J'apprends pour être comblé", sens ZEN de "Si on n'apprends pas, même si on a tout, on ne sera jamais comblé", Je crois que c'est vrai!







Excellent lunch à l'hôtel Westin, puis on termine la journée par la visite du château de NIJO (NIJO-JO). 




Construit en 1603 par le 1ier SHOGUN TOKUGAMA IEYASU, c'est un des plus beaux exemples de la période ÉDO et de la culture MOMOYAMA au Japon. En 1867, le château devint la propriété de l'empereur. 









La porte KARAMONA est très belle, toute noire avec des incrustations de feuilles d’or. Elle s’orne d’une frise sculptée d’oiseaux en vol, de paons et de fleurs délicates, rappelant les sculptures du TOSHO-GU que nous avons vues à NIKKO. Visite intéressante parce que on voit beaucoup de murs originaux peints avec les motifs du temps, et on a place des mannequins grandeur nature pour nous donner une idée de ce que pouvait avoir l'air l'occupation des espaces et la place que prenaient les différentes personnes invitées face au SHOGUN. Mais nous ne pouvons pas prendre de photos!! Les plafonds sont en caisson, les planchers dits "rossignols" parce qu'en marchant dessus, ils émettent un bruit qui ressemble au chant du rossignol. Ceci pour aviser les personnes qui habitaient le château de la venue des intrus. Système d'alarme du 17ieme siècle!! 






On y retrouve aussi un très beau jardin, mais moins impressionnant que les autres jardins visités jusqu'à présent.









Souper dans un restaurant japonais particulier, un OCHAYA, avec spectacle de GEICHAS. Les GEICHAS ne sont pas des prostituées ; ce sont des artistes professionnelles. 
La connaissance des arts traditionnels, une répartie verbale brillante et la capacité de garder un secret leur permettent de gagner le respect et parfois l’amour de leurs clients nantis, et souvent influents. La profession est actuellement en déclin. La fière GEISHA préfère être appelée GEIKO (enfant des arts). La MAIKO est l’apprentie GEISHA. Les visages blancs et les lèvres rouges au dessin délicatement précis sont des idéaux de beauté au NIPPON. 




On peut aussi admirer la courbe du cou dont la peau n’est pas peinte, qui inspire la volupté. Le cou des MAIKO, lui, laisse paraître un  peu de peau; la volupté ne serait peut-être pas encore au rendez-vous, chez ces apprenties. L’art des GEISHAS n’est enseigné qu’à KYOTO. Les jeunes femmes portent une coiffure distinctive et un costume particulier – un long OBI aux extrémités pendantes, de grandes socques (KOPPORI) et un sous kimono au col brodé. Lorsqu’elles deviennent GEIKO, elles échangent leur col brodé pour un col blanc. Le costume et la coiffure de la MAIKO sont plus élaborés que ceux de la GEICHA. 
Cette dernière joue de l'instrument traditionnel à trois cordes, le SHAMISEN, et la MEIKO (apprentie GEISHA), danse. Les deux GEISHAS qui ont fait le spectacle ne rient pas. C’est un spectacle très très lent, sur une musique très très traditionnelle !! On nous a permis de prendre des photos avec elles ; ça fait très touristique mais l'expérience en vaut la peine.












dimanche 11 mai 2014

VOYAGE AU JAPON – JOUR 10 - JEUDI LE 17 AVRIL - VISITE DE KYOTO

Note au départ : le lecteur pourra constater que quelques fois, il reconnaîtra des passages des guides « Voir » et « Michelin ». C’est volontaire, pour ajouter du contenu aux descriptions du voyage.

Une autre journée magnifique, avec soleil et 26'C. On en profite pour enlever les bas de pantalons!
KYOTO est la capitale de la région de KANSAI. Cette région se situe au centre du Japon tout en s'ouvrant sur 3 mers: la mer du Japon au Nord, l'océan pacifique au Sud et une mer intérieure en face de l'île de SHIKOKU. Cette région est le berceau culturel du Nippon. NARA et KYOTO ont été les capitales impériales dès le 8ième siècle durant un millénaire. Ces deux cités ont été épargnées par les séismes. Économiquement, c'est le 2ième pôle économique du pays, possédant 1/5 de sa population.
KYOTO, c'est 1600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires shinto, 200 jardins classés. Elle regroupe 20 sites classés patrimoine de l'Unesco. C'est aussi une ville universitaire (37 universités) et une ville où les gens élisent des politiciens de gauche. Notre guide croit que c'est une des raisons pour laquelle KYOTO n'a pas eu son métro en même temps que les autres grandes villes du Nippon. Il y a un proverbe dans la ville: "Si tu jettes une pierre au hasard, tu blesses un professeur". Quoique épargnée par les séismes et les bombardements de la 2ième guerre mondiale, elle n'est pas épargnée par cet urbanisme ingrat qui transforme les villes en lieux laids. Le visiteur doit traverser une gangue de béton pour se rendre au prochain émerveillement. Malgré cela, la ville vaut le déplacement. 
Tous les sites touristiques sont situés à l'extérieur d'un carré de béton au centre duquel se trouvent les jardins de l'ancien palais impérial. On constate, dès notre arrivée à KYOTO, que cette ville, malgré une population beaucoup moins importante, à une congestion urbaine fort supérieure à celle de TOKYO. C'est une preuve irréfutable que le développement des transports en commun décongestionne une ville.
On débute nos visites par celle du temple KIYOMIZU-DERA. Mon Dieu qu'il y a des étudiants. Des milliers, tous en visite scolaire. Chaque classe est photographiée avec le professeur au milieu. Remarquez la tenue du professeur. Non seulement tous les étudiants revêtent l'unifotme, mais tous les professeurs que nous avons vus sont habillés d'un complet-cravate. Le temple est composé de 7 pavillons dont 1 beffroi, miracle de menuiserie, construit sans un seul clou, et une pagode sur le flanc de la montagne de l'est. 
Construit en 798, le "temple de l'eau limpide" prend appui sur une vertigineuse structure en bois bâtie sur pilotis. Ce temple semble associé à toutes les écoles bouddhiques. Depuis plus de mille ans, les pèlerins gravissent la pente qui mène à la déesse KANNONA aux onze têtes pour prier et boire l’eau de la source sacrée. Il y a une longue file d’attente pour accéder au lieu où les personnes peuvent boire de cette eau.















Puis on se dirige vers le "Pavillon d'argent", le GINIKAKU-JI. Ce temple est considéré par certains comme un chef d’œuvre inégalé dans l’art du jardin. Son importance dans la culture japonaise est incontestable, car la cérémonie du thé, le NÔ, l’arrangement floral et la peinture à l’encre y atteignirent des niveaux supérieurs de raffinement. Un siècle sépare le pavillon d’argent du pavillon d'or. ASHIKAGA YOSHIMASA le construisit au 8ieme siècle. Il souhaitait le recouvrir de feuilles d’argent, en hommage à son grand père qui avait recouvert le KINKAKU-JI de feuilles d’or. 

Malheureusement, une guerre ruineuse contrecarra son projet. Privé de sa couche de métal, le JISHO-JI brille de la patine des ans. Il est de dimension plus modeste que le pavillon d'or. Ce 8ième SHOGUN lance la culture HIGASHIYAMA, culture de la montagne de l'est, qui prend sa source dans les concepts esthétiques de cette philosophie ZEN  teinte de WABI-SABI (raffinement dans la simplicité) et dans la voie du thé (CHA-NO-YU) Ce temple en est l'expression la plus parachevée. Ce SHOGUN a transformé la cérémonie du thé en un rituel d'une grande profondeur. 
Dans le jardin, on aperçoit le jardin sec: deux cônes de sable destinés à réfléchir les rayons de la lune et GINSADAN, les longues bandes de sable alternant des surfaces lisses et striées. Le deuxième jardin tire son inspiration du Jardin de Mousses, celui du pavillon d'or.
Puis on marche un peu le long du sentier des Philosophes, un des endroits les plus appréciés de Kyoto. Le chemin se fait le long d'un canal de 10km qui débute au pavillon d'argent et se termine au NANZEN-JI, un autre des 2000 temples de Kyoto. Lors de notre passage,  les cerisiers ont terminé leur fleuraison. Plus on s'éloigne du départ, qui est dans la zone touristique, plus la nature prend toute sa place et plus c'est beau. Le sentier longe de très belles résidences.
On se rend ensuit dans les Jardins HAKUSASONSO, anciens jardins d'une résidence privée avec plusieurs pavillons de thé où on nous présente la traditionnelle cérémonie du thé vert, le MATCHA. Ce thé est mousseux et a un goût amer, mais je sens l'effet bénéfique de toutes ces vitamines et tous ces minéraux en le buvant. Ce the se boit cul sec après avoir mangé un petit biscuit sucre, ce qui aide à contrer l'effet d'amertume du thé. Chaque élément du rituel est présenté avec des commentaires sur l'étiquette complexe et les idéaux ZEN. 
La cérémonie du thé est une succession d’évènements bien orchestrés. Le participant se joint aux autres invités et suit avec eux un parcours de pierres plates du jardin; il procède à des ablutions puis entre en s’abaissant dans une pièce sobre où il salue son hôte. Après avoir admiré le décor et les ustensiles, il assiste à la préparation du MATCHA, incline la tête et consomme la collation et le thé. Chaque élément de ce rituel est symbolique. Notre visite se composa d’une explication et d’une démonstration du rituel par la fille du propriétaire des Jardins, habillée du kimono en soie traditionnel. Ce fut une très belle expérience. Ce thé, quoique amer, est très riche en théine.
Lunch dans un restaurant japonais typique où la cuisine est composée d'une très grande variété de brochettes de toutes sortes qu'on arrose avec du saké chaud. On doit enlever ses souliers.
On visite ensuite le sanctuaire d'HEIAN avec ses cerisiers pleureurs. Situé dans le quartier OKAZAKI, c’est l’un des plus grands et des plus récents sanctuaires de KYOTO. Construit en 1895, ce lieu sacré était destiné à faire renaître le moral et l’économie de la ville, très affaiblis par le transfert de la capitale vers TOKYO.












On entre ensuite dans le quartier GION, qui était le quartier réserve aux GEISHAS. Durant la première moitié du 19ieme siècle, plus de 3000 GEISHAS y travaillaient dans quelques 700 ACHAYAS (résidence des GEISHAS). 









Intéressant car on voit beaucoup de jeunes filles en kimonos traditionnels qui se baladent dans les rues de ce quartier. 
Nous avons même vus un jeune couple qui se mariait, vêtus de leurs costumes traditionnels. 




Il semblerait que ce soit à KYOTO qu'on en rencontre le plus. Les anciennes ACHAYAS ont presque toutes été transformées en boutiques. 







Nous y sommes entrés par les portes hautes du sanctuaire YASAKA. 













En y déambulant, on peut apercevoir la pagode YASAKA, élégante pagode de 4 étages.
On termine la journée par un spectacle traditionnel de GEISHAS ET MEIKOS au théâtre GION KOBU KABUTENTO. Le spectacle inclut plus de 25 GEISHAS en costumes traditionnels. Certaines dansent, d'autres chantent et jouent de l'instrument traditionnel à 3 cordes, le SHAMISEN. Les décors sont magnifiques et représentent les 4 saisons. Malheureusement, à cause de la fatigue, j'en ai manqué deux!!



Même fatigué, on nous convainc qu’il faut quand même visiter la gare de KYOTO, magnifique parallélipède de verre et d'acier terminée en 1997 pour célébrer le 1200ième anniversaire de la fondation de KYOTO. L'architecte se nomme HARA KOJI, professeur d’architecture à l’Université de Tokyo. C’est un ensemble d’espaces élancés et d’escaliers découverts, offrant un accès résolument futuriste à l’ancienne capitale du NIPPON. L’absence totale d’éléments nippons traditionnels fut très critiquée.

Retour à l’hôtel, exténué !!