samedi 1 octobre 2011

UN ANGE-----HOMMAGE À UNE AMIE

La vie est surtout faite de rencontres, dont certaines sont plus marquantes que d’autres.  Parmi les plus marquantes, il y a bien sûr notre conjoint(e) et nos plus grands amis, ceux qui résistent au passage du temps. D’autres rencontres, et elles sont rares,  créent des liens différents de ceux qui nous unissent avec nos grands amis et nos conjoints. Ces liens sont fondés sur le respect inconditionnel que nous avons de la personne parce que nous l’admirons. Certains appellent cela une relation « groopie ». On aime quelqu’un parce qu’on l’admire. J’avoue donc que je suis un « groopie » de sœur Hélène! Le parcours personnel  et professionnel d’Hélène s’est déroulé  dans une dimension autre que celle dans laquelle je vis. Si les anges existent, elle en est un représentant sur terre.
Récemment, Hélène a célébré son jubilé d’or (50 ans) de vie religieuse. Pour fêter cet évènement, sa grande amie et complice, Aline, nous a demandé d’écrire un petit mot. Hélène m’a demandé de partager ce petit mot avec vous. Il vous permettra de mieux connaître cette perle : mon ange!
 BONJOUR HELENE

Aujourd'hui, je me permets de vous appeler Hélène, vous ayant appelé sœur Hélène depuis que je vous connais, mais je ne vous tutoierai pas, le respect et l'admiration que j'ai pour vous m'obligent à garder une certaine distance.
Je vous ai connu dès mon arrivée à l'hôpital St-Francois d'Assise, en 1985, là où vous avez exercé votre deuxième carrière pendant de si nombreuses années, votre  première ayant toujours été étant l'adoration de Jésus et la prière. Je reviendrai la dessus.
Cette première rencontre a été déterminante pour moi car j'y ai vu une femme dynamique et engagée auprès de ses patients, avec un sourire éternel accroché dans son visage. J'ai noté la force d'attraction que vous exerciez sur vos collègues. Ces derniers ont toujours su que vous les respectiez et qu'ils pouvaient compter sur votre bienveillante attention.
Mais je vous ai surtout connue en dehors de l'hôpital. Notre véritable complicité et amitié a débuté par un coup de téléphone ou une rencontre dans un corridor de l'hôpital, je ne me rappelle plus, mais c'était pour vous supporter dans votre troisième carrière, celle où vous vous occupez des familles et des personnes démunies. C'est d'ailleurs à cette troisième carrière que vous consacrez presque tout votre temps depuis votre retraite, en compagnie de votre complice et fidèle amie, sœur Aline. C'est cet amour des plus fragiles de notre société, copié probablement sur celui que vous avez pour Jésus, qui m'ébranle le plus à chacune de nos rencontres. Je suis particulièrement heureux que nos deux rituels annuels de Noël et de Pâques vous procurent tant de joie. Je suis toujours ébahi par l'importance que vous accordez à notre geste, nous qui avons tout. Sachez que nous le faisons parce que nous vous aimons avant tout, parce que nous vous sommes fidèles et que nous adhérons  à cette cause qui vous habite depuis toujours. Sachez aussi que dans ma vie, l'amitié que vous me portez et les nombreuses prières faites en notre faveur qui en découlent sont un des trésors que je chéris le plus. J'admire cette concentration intense que je retrouve lors de chacune des prières que vous récitez au début des repas que nous prenons ensemble ou dans votre chapelle, lors des visites que nous faisons avec Liette et Pierrot. Cette admiration est autant plus grande que pour moi, la prière demeure toujours un grand mystère. C'est en vous regardant prier que je peux comprendre que Dieu existe, mais je ne connais pas encore le chemin qu'il faut prendre pour vous imiter..
Hélène, vous êtes une Grande personne. Remarquez que j'ai écrit Grande avec un "G" majuscule. Grande car vous distribuez l'amour des que vous nous regardez. La société  québécoise peut se compter chanceuse d'avoir une citoyenne de votre calibre dans ses rangs. Je vous félicite pour vos 50 ans de vie religieuse. Je ne connais pas les critères qui définissent la sainteté, mais c'est en vous observant que nous pourrions les deviner Votre fidélité à votre Dieu,  à votre congrégation, à votre grande amie et complice Aline, à votre Hôpital, à vos patients, à vos pauvres, à vos nombreux amis, et à Liette et à moi, nous émeuvent.
J'espère que Dieu vous gardera avec nous pour encore de très nombreuses années.
Je vous aime......respectueusement!

Claude

mercredi 28 septembre 2011

Réflexions sur l'enthanasie

Je viens de lire les commentaires du Dr Marcel Boisvert, médecin québécois très impliqué en soins gériatriques et en soins de fin de vie, qui a longuement réfléchi à la question de l'euthanasie, dans la revue "Actualités médicales", revue d'actualités pour les médecins francophones du Canada.. Comme vous le savez, le Québec a tenu une Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Cette commission a terminé sa tournée et elle n’a pas encore produit son rapport. Fondamentalement deux philosophies trônent lorsqu’on parle d’euthanasie. Il y a ceux qui favorisent l’euthanasie, en faisant confiance au jugement de la personne mourante ou souffrante et il y a ceux qui disent que ces personnes n’ont pas bien été renseignées sur toutes les alternatives autres que l’euthanasie pour faire face à leur souffrance, qu’elle soit physique ou morale.

Plusieurs médecins se sont prononcés sur la question, autant lors de la tournée de la commission que dans la revue « Actualités médicales ». C'est dans l'édition du 21 septembre, que le Dr Boisvert revient sur la question, et nous soumet une réflexion que je désire partager avec vous. Elle me semble très pertinente.

(Après avoir lu les commentaires des médecins dans la revue « Actualités médicales »
« Il semble donc que les soignants soient peu capables de recevoir et d’intérioriser une demande d’aide à mourir. C’est donner raison au Dr Eric Cassell, le « père » de la notion de souffrance(1), quand il rappelle ce qui devrait être un axiome : « Seuls les malades savent combien atroce est leur souffrance »… et « lorsque leur demande (d’une aide à mourir) est conforme aux balises, elle devrait être exaucée »(2).
C’est également s’éveiller à l’insondable profondeur de l’humain, celle qui fit écrire à M. Davy : « Le vivant et le pré-mort ne peuvent communiquer; aucune frontière ne les relie. L’un et l’autre n’habitent pas le même temps(3). »
Il faut donc s’astreindre à accepter le mystère et à accompagner dans l’humilité, à la manière du psychiatre Yves Quenneville, que trois décennies de consultants en soins palliatifs ont fait dire : « Accompagner, c’est accepter de suivre une personne dans la direction qu’elle veut prendre, là où elle veut aller, quand elle veut y aller et à sa manière(4). » Toute autre stratégie s’adonne au risque du mépris, comme en a témoigné Hubert Doucet : « La personne mourante est maintenant privée de sa mort, alors qu’elle a été responsable de toute sa vie(5). »
Dr Marcel Boisvert
1. Cassell EJ. The Nature of Suffering and the Goals of Medicine, New England J Med 1982;
306: 639-45.
2. Ibid. When Suffering Patients Seek Death in Physician-Assisted Death, J. Hopkins U. Press,
2004, p.75.
3. Davy MM. Un itinéraire. Desclées, Paris, 1999.
4. Quenneville Y. Entrevue : Vivre avec un proche gravement malade, Bayard, Internet.
5. Doucet H. La quête d’une bonne mort. Info-Kara, déc. 1993, p. 61-65.
* Publié dans L'actualité médicale du 17 août, en page 49.

La direction dans laquelle penche le Dr Boisvert est assez claire. Chaque cas est un cas d’espèces et il doit être abordé avec toute la largeur d’esprit dont nous sommes capables. La grande variable est celle qui est mentionnée dans la première ligne du commentaire du Dr Boisvert : « Il semble donc que les soignants soient peu capables de recevoir et d’intérioriser une demande d’aide à mourir. »
Cette demande est en quelque sorte le constat de leur incapacité à guérir, ce pour quoi ils ont été formés. La mort est un échec ; elle n’est pas acceptable pour plusieurs médecins

jeudi 15 septembre 2011

LE TEMPS - passe t'il vite...ou lentement?

Nous ressentons tous, inévitablement, une pression du temps sur notre vie. « Mon Dieu que le temps passe vite ! » « N’as-tu pas l’impression que le temps passe plus vite ? » S’est-on déjà arrêté pour réfléchir à la notion du temps et surtout, comment l’apprivoiser, car, et c’est la seule justice, il s’égraine inévitablement au même rythme pour tout le monde. C’est la perception de ce rythme qui est différente pour tout le monde, et qui varie de jour en jour, pour le même individu.
Quant à moi, je n’y ai jamais tellement réfléchi. Je suis cependant conscient qu’il ne m’en reste plus autant qu’avant et, à l’instar de beaucoup de gens de mon âge, j’ai l’impression qu’il s’égraine plus vite.
J’ai toujours fait l’hypothèse que l’impression de cette durée du temps reposait en fait sur l’expérience qu’on faisait du temps qui nous était confié. Par exemple, si on prend un bébé qui a deux jours de vie, la deuxième journée de sa vie lui a donné 100% de plus de temps pour expérimenter la vie. Le temps doit sembler long à un bébé ! Après 5 ans, la première journée de la cinquième année correspond donc à 1/1725 du temps passé sur terre (1 jour sur 5 fois 365 jours). À 60 ans, la première journée correspond à 1/21900 du temps passé. Si on passe cette journée sans expérience particulière, elle nous semblera très courte. Par contre, si on la passe en voyage, en train de découvrir et vivre des expériences particulières, le temps nous semblera très court. On dira même : « Mon Dieu que la journée a été longue et bien remplie».  En voyage, on dit souvent : « J’ai l’impression que c’a fait 1 mois que je suis parti », quand, en fait, on a quitté une semaine. Pour d’autres, c’est le contraire. Lorsqu’ils n’ont rien à faire, le temps passe lentement et s’ils sont occupés, le temps passe vite. C’est donc très personnel.
Mais faisons fi de ma propre expérience et de mes propres explications pour lire ce que certains anthropologues et philosophes pensent du temps. Le journal « La Presse » du 2 septembre présentait une perspective philosophique, anthropologique, psychanalytique et psychiatrique du temps. Je n’ai retenu que les perspectives anthropologiques et philosophiques. Je suis heureux de constater que Pierre Trudel, professeur d’anthropologie au CEGEP du Vieux-Montréal présente des constatations similaires aux miennes. J’en ai donc déduit que j’avais une perspective anthropologique du temps. Voici ce qu’Il en dit :
«  Pourquoi le temps passe-t-il si vite? »
« Je vais vous répondre à titre d’anthropologue et d’être humain qui voit le temps passer. Je crois que cela relève d’abord de questions neurologiques, en ce qui a trait à notre perception du temps qui passe. La perception du temps change avec l’âge, la quantité de souvenirs qu’il y a dans notre cerveau. C’est pour ça que les enfants ont l’impression que le temps est si long! Et puis, il y a une question d’espérance de vie : si dans une société, on vit plus ou moins vieux, on a une notion du temps différente. Ensuite, il y a la question culturelle, qui joue aussi dans la façon dont le temps peut être perçu. J’ai beaucoup étudié les cultures autochtones, et ils ont une notion du temps tout à fait différente de la nôtre. Bien sûr, aujourd’hui, avec la vitesse, la notion du temps change aussi énormément. Je crois que cela est lié à notre économie. »
> Mais pourquoi particulièrement à la fin de l’été, avant la rentrée?
« Évidemment, plus on a de choses à faire, moins on voit le temps passer. Je m’interroge aussi sur la popularité des voyages. Mon voisin revient de Turquie, et il m’a dit qu’au bout d’une semaine, il avait l’impression d’être parti un mois. Les voyages aussi modifient notre perception du temps. Je m’interroge à savoir si la popularité des voyages ne serait pas aussi liée à tout ça. Vous savez, nous avons une culture hédoniste. Le temps, c’est important. Beaucoup plus important que dans une société moins hédoniste. »
Voilà pourquoi je vous ai mentionné avoir une perspective anthropologique du temps.

Maintenant, lorsqu’on contemple la perspective philosophique du temps, elle est aussi très intéressante…..mais plus compliquée !! Voici comment Jean Laberge, philosophe, auteur du livre « En quête de sens » et d’un blogue du même nom, nous présente le temps : Il débute d’abord avec une citation d’un auteur inconnu :
·        « La perception que nous avons du temps provient de la civilisation dans laquelle nous baignons selon laquelle tout doit être utile et mesurable. »
« Pourquoi le temps passe-t-il si vite? « 
« Pour le philosophe, la question est plutôt de savoir ce qu’est le temps, s’il existe objectivement, au-delà de notre conscience. Là-dessus, l’ABC de la réflexion commence par Saint Augustin, qui pose ainsi le problème: " Si personne ne me le demande, je le sais; si on me demande de l’expliquer, je ne le sais plus !" Voici maintenant pourquoi le temps est si énigmatique. On s’entend pour dire que le passé n’est plus; que le futur n’est pas encore. Donc, qu’en est-il du temps présent? Est-il ou non? Or, le présent, s’il était toujours présent – l’éternité, en somme –, le passé n’existerait pas. Donc, pour être du temps, il faut que le présent passe; par conséquent, le présent n’est que du temps passé; mais le passé n’est plus puisqu’il est passé. Conclusion: si le temps existe, il faut qu’il n’existe pas… Ouf! Bon, voilà pour les débuts ardus de la réflexion philosophique sur le temps. Le temps n’existerait donc que dans notre conscience, pas dans la réalité. Or, pour nous, modernes, le temps " file à toute allure". Pourquoi? Parce que le temps, c’est de l’argent… Donc, la perception que nous avons du temps provient tout simplement de la civilisation dans laquelle nous baignons, selon laquelle tout doit être utile et mesurable. »
> À la rentrée en septembre, pourquoi sommes-nous si pressés par le temps?
« Parce que l’important, c’est le travail. Nous, modernes, nous ne sommes rien sans le travail, car le travail est foncièrement utile. Ainsi va la modernité. Les vacances nous rappellent que le temps est une invention humaine. En vacances, nous baignons pour un moment dans un monde fait d’activités en apparence " inutiles"; par exemple, contempler la beauté d’un paysage, admirer une œuvre d’art, savourer une rencontre, lire un roman, connaître une autre culture, etc. Pour celui ou celle qui, en vacances, découvre par exemple les cantates de Bach, le temps n’existe plus. »
> Un truc, pour moins courir?
« On m’accusera sans aucun doute de prêcher pour ma paroisse, mais le meilleur moyen de s’évader de l’emprise du temps, c’est de cultiver les arts et la philosophie! »
Voilà pour ces deux perspectives.
Intéressant…non !
Le présent n’existe pas car lorsqu’on songe au présent, il est déjà passé !! Ouf !
Vive le temps….passé. Et vive le futur, c’est ce qui nous tient en vie : avoir des projets, un goût de voir évoluer quelque chose, le goût de s’occuper de quelqu’un. Qui ne se rappelle pas l’excitation des premières rencontres à venir !!, des premiers voyages de planifiés. C’est encore comme c’a, même à mon âge !

lundi 5 septembre 2011

« JE RESPIRE DONC JE SUIS » - SULAK SIVARAKSA

Durant les vacances, j’ai pu lire quelques numéros d’une formidable revue qui s’intitule « Courrier international ». Cet hebdomadaire, publié sous forme d’un journal par la compagnie qui publie le journal « Le Monde », traite des actualités tirées de journaux de partout dans le monde et publie des chroniques très diversifiées sur une multitude de sujets.
Je vous propose quelques extraits de cet excellent article du numéro du 21 juin 2011, qui origine de Sholto Byrnes du journal « The Independant » de Londres.

« Renoncer au matérialisme, réapprendre à vivre en harmonie avec la nature, mettre de côté son ego, redécouvrir les voies de la spiritualité, épouser la non-violence. »
 À 78 ans, Sulak Sivaraksa, infatigable militant bouddhiste, continue d’aller à contre-courant. « La mondialisation est une religion démoniaque qui impose des valeurs matérialistes et une nouvelle forme de colonialisme, » écrit-il dans son livre « The wisdom of Sustainability : Buddhist Economics for the 21st century. » Ce bouddhiste a été pressenti deux fois pour recevoir le prix Nobel de la paix. La dissidente birmane Aung San Suu Kyi, elle-même récipiendaire de ce prix, le considère comme « l’un des plus grands penseurs sociaux d’Asie »
« Le bonheur véritable ne résiderait pas dans les gains matériels ni dans la recherche incessante d’une croissance illimitée. La clef se situerait dans la quête de la sérénité »
 « En Occident, vous avez été endoctrinés avec la notion cartésienne du « Je pense donc je suis ». Mais l’ego, le « moi » n’est pas réel. Nous sommes inter-reliés »
Le bonhomme n’est pas qu’un théoricien. Quarante ans durant, il s’est échiné à mettre en pratique ses grandes pensées, en fondant des ONG en Thaïlande, en enseignant aux quatre coins du monde ou en conseillant le gouvernement du Bhoutan sur l’élaboration de son fameux concept du « bonheur national brut ». Plusieurs fois, il a été persécuté en Thaïlande, car il dérange!
Mu par sa profonde foi religieuse, le vieux sage n’emprunte pas la voie du « Cogito ergo sum » mais celle du « Je respire, donc je suis »
« Sommes-nous arrogants au pointe de faire fi du plus important élément de la vie? Une fois qu’on ara appris à respirer correctement,  à respirer correctement l’air qu’on inspire, à cultiver sa paix intérieure, alors le Bonheur intérieur brut en découlera » « Se débarrasser de l’obsession de la réussite » est tout aussi indispensable. »
Finalement, « Si nous n’introduisons pas la spiritualité dans notre vie, alors….boum, ce sera notre fin »
Voilà, je voulais vous présenter ce personnage haut en couleur, qui suit la même voie que celle du Dallai Lama, mais de façon différente. Renoncer au matérialisme, c'est pas évident!!
Je vous réfère à ma chronique sur le film « Des hommes et des Dieux » qui m’avait réintroduit au concept de spiritualité. Je vous dirai bien humblement que je n’ai pas fait grand chemin depuis!
Intéressant de le lire, surtout lorsqu’on pense aux messages que nous a laissés Jack Layton, dans lettre d’adieux aux Canadiens.
Je vais me pencher un peu plus sur ce concept du « Bonheur Intérieur Brut », je le trouve intéressant. Je vous revient la-dessus.

dimanche 28 août 2011

L’AFFAIRE DSK – JE ME SUIS FAIT AVOIR….COMME LES AUTRES

Incroyable, DSK est libéré des charges criminelles qui pesaient contre lui. Du sommet de son socle, on a assisté à une déchéance sociale d’un personnage puissant comme on en  a rarement vu de mémoire d’homme et de femme. Président de la Banque Mondiale et candidat pressenti du parti socialiste au poste de président de la France, on a assisté à un enterrement public  de première classe  des ambitions de cet homme. Déchu, menotté, non rasé, humilié, emprisonné, la justice américaine en a fait un paria. À l’instar des millions de personnes qui ont assisté à cette pendaison en public, je me suis évidemment dit que si le procureur de l’état de New York se lance dans cette direction, c’est qu’Il doit avoir des évidences « béton ».
Le béton était du « jello ».
J’ai jugé trop vite, j’ai pris position avant d’avoir devant moi la confirmation des faits. Je me suis fait le défenseur de la veuve et de l’orphelin devant le grand méchant loup. S’il est véritablement innocent, c’est incroyable d’avoir fait subir un tel tourment à une personne. C’est ce qui me tracasse le plus. J’ai l’impression que la justice américaine est très poreuse, que le processus de mise en accusation est trop du côté des victimes. On dit souvent qu’Il est préférable de libérer 10 coupables que de condamner un innocent : eh bien c’est le contraire qu’on vient de constater.  
Mais….j’ai encore mes doutes, surtout que l’homme a reconnu avoir des relations sexuelles avec la femme de chambre. Ce que nous ne saurons jamais, c’est s’il y a eu agression ou non.
Leçons à tirer de cet épisode et réflexions.
1-      La justice américaine ressemble à un film d’Hollywood. Il y aurait lieu d’avoir un peu plus de retenue avec les mises en accusation.
2-      Si vous avez des problèmes de crédibilité et si vous vous faites violer aux États-Unis par une personne qui a les moyens de se défendre, vous ne pourrez jamais prouver les faits. Je ne dis pas que madame a été agressée sexuellement, je ne fais que dire qu’elle ne pourra jamais le prouver car elle a un problème de crédibilité. Et c’est vrai que sa crédibilité est très affaiblie lorsqu’on regarde les faits qui ont suivi l’évènement. Que ce soient des sommes d’argent inexpliquées dans son compte de banque, des rencontres avec des personnes d’allégeance mafieuse suite à l’évènement du Sofitel, de fausses déclarations lors de son entrée aux États-Unis, la femme aurait eu des difficultés à prouver les faits.
3-      Pourquoi diable est-ce que la femme de cet homme, Anne Sinclair, continue de le supporter et de vivre avec lui. Cette femme qui avait l’admiration des français comme l’une des meilleures présentatrices de nouvelles en France est encore aux côtés de cet homme qui l’humilie effrontément depuis des années. Difficile de croire qu’on puisse être heureux lorsque cocu!
4-      J’ai bien hâte de voir comment il sera accueilli en France. Ceci nous donnera une idée de la moralité collective des français à l’endroit d’un homme qui souffre d’un incroyablement manque de jugement.
Finalement, il ne semble pas que ce soit la fin de la saga de DSK. On l’attend en France avec de nouvelles accusations d’agression sexuelle et aux USA, le procès au civil débutera. Donc, on n’a pas fini d’en parler.
À suivre!

lundi 18 juillet 2011

LE BLOGUE, LE GOLF ET L'ETE

En mai dernier, j'ecrivais que je trouvais dans l'ecriture du blogue un exutoire au manque de créativite intellectuelle qui est une des consequences de la retraite. C'est toujours vrai! Et bien voilà que l'été arrivant, d'autres activités surviennent, et le beau temps!! Lorsqu'il fait beau, on veut aller dehors, particulièrement au Quebec!!, où les hivers sont longs. Et puis le golf! Je me suis mis membre d'un club de golf cet été pour enfin tenter de maitriser ce sport que je pratique de façon superficielle depuis plus de 50 ans. Et bien une partie de golf, incluant l'aller-retour au club, la pratique avant la partie, l'apres partie, c'est 6 1/2 hres-7 hres, soit presque une journée complète de travail! Apres, c'est la baignade, les activités obligatoires à la bonne marche d'une maison, du couple, un peu de lecture, la bouffe et il ne reste plus de temps pour le blogue, tel que je le conçois, soit une réflexion poussée sur un sujet donné, et non juste une opinion eçrite en prenant un café.
Il y a donc une incompatibilité entre une l'écriture d'une chronique dans un blogue et L'ETE, particulièrement si L'été inclut la pratique sérieuse du golf. D'ailleurs, je devrais faire une chronique sur ce sport.
Alors tout c'a pour vous dire, fidèles lecteurs qui vous êtes abonnés, et vous, qui venez de temps en temps faire un tour pour voir ce qui a été écrit depuis votre dernière visite, que la fréquence de parution de mes chroniques cet été sera probablement plus étendue. De 2-3 chroniques par semaine, je passerai probablement à une chronique par 10-14 jours. Je prends cependant des notes pour les chroniques de cet automne car je lis beaucoup, et de tres bons livres. J'ai terminé la biographie de Karl Mark de Jacques Attali, livre exceptionnel sur un homme exceptionnel dont la pensée politique a été volée et mal appliquée par Lenine et surtout par Staline. Je lis actuellement la biographie de Champlain, appelée "Champlain's Dream", par Fisher, un biographe américain, qui me fait découvrit la vie extraordinaire de l'homme exceptionnel que fut Samuel de Champlain. J'ai bien hâte de vous en parler.
Alors passez un bel été, soyez prudents sur les routes, où que vous alliez et continuez à me lire!!

dimanche 10 juillet 2011

NOS ENFANTS NOUS SONT PRÊTÉS

J'ai lu cette phrase la première fois il y a plus de 40 ans, lors du décès de la fille des meilleurs amis de mes parents. Danielle venait de mourir tragiquement dans un accident d'automobile, et après les funérailles, mes parents avaient reçu une lettre de remerciements dans laquelle était inscrite cette phrase: "Nos enfants nous sont prêtés". J'ai toujours conservé cette phrase dans mon esprit, ayant compris, même à l'âge de l'adolescence, la grande destruction interne qui accompagne la mort d'un enfant pour les parents. Plus tard, je l'ai entendu ou lu de nouveau dans de très nombreux autres contextes.
Il y a deux semaines, j'ai visité mes deux garçons qui demeurent Vancouver, en compagnie de leurs conjointes. J'anticipais un peu cette visite, n'ayant pas vu mon ainé depuis presque un an, et le plus jeune, depuis plus de 5 mois. Comme parent, on se demande toujours si on ne dérange pas ses enfants lorsqu'on s'annonce pour une visite, même si celles-ci sont séparées de plusieurs mois!! Ce ne fut pas le cas.
Mes retrouvailles furent remplies d'amour et d'affection et m'ont aussi permis de connaître un peu plus une de mes brus qui a subi une grande épreuve cette année. J'ai aussi pu découvrir un artiste de grand talent dans mon ainé, lui qui a décidé de laisser tomber une carrière d'avocat dans un grand bureau pour se consacrer à sa passion qu'est la musique. Le 23 juin, il a fait son concert de lancement pour son nouveau CD. Vous pouvez écouter les 5 pièces sur son site web: http://www.marcalexandre.com/
Quant au plus jeune, il a choisi de s'établir à Vancouver pour reprendre contact avec son frère et pour tenter sa chance dans le domaine de l'architecture et de la construction dans une ville où il y a plein de projets intéressante. En arrivant il avait une entrevue et deux jours plus tard, un emploi !
Les deux garçons sont bien. Ils ont bien sûr leur lot de problèmes et de préoccupations, comme tout le monde, mais leur vie est bien enclenchée et il me semble qu'ils sont bien équipés pour faire face à toutes les contraintes que la vie leur apportera.
Nous avons donc bien bouffé, bien bu, bien marché, bien parlé et discuté et visité Vancouver, qui conservait encore les cicatrices de l’émeute qui a suivi la défaite des Canucks de Vancouver .
Puis, on s’est quitté en se disant qu'on ne devrait pas attendre encore 5 mois avant de se voir.
Dans l’avion, déjà il y a un grand vide qui s’installe. Au retour, la première journée, je me sens comme moche, un peu triste, la larme à l'œil facile. Le deuxième jour, c'est pire; je me demande ce qui ne va pas. Pourtant, dans ma vie, sauf mon score au golf ( !), tout semble bien aller. Et puis voilà que je sais pourquoi: je m'ennuie de mes garçons.
Avec le temps, on s'habitue à ne pas les voir mais quand on les retrouve et qu'on peut les embrasser, les toucher, leur parler en voyant leurs réactions, qu'on peut voir leur milieu de vie, bien percevoir s'ils sont tristes ou heureux, confortables ou perturbés, fatigués ou bien portants, amoureux ou indifférents, passionnés ou éteints, et qu’pon peut se noyer dans une mer d’affection ; on retrouve les moments où nos enfants étaient prêts de nous et toujours disponibles.
Et bien non !! Lorsqu’ils décident non seulement de quitter le domicile familial mais de s’expatrier au loin, ils me manquent. Je n’ai que moi à blâmer car leur mère, ma conjointe et moi les avons habitués à voyager et découvrir le monde. Pour les jeunes d’aujourd’hui, la terre est leur terrain de jeu. Mais ils me manquent terriblement. Depuis deux semaines, la tristesse est disparue mais le désir de les revoir est toujours présent.
« Nos enfants nous sont prêtés » C’est vrai. Ce n’est pas comparable au décès de ses enfants, car la brisure est permanente. Je ne peux même pas imaginer que c’a survienne ; j’arrête d’y penser avant d’aller au bout de cette fiction.
Mais ils sont absents, et contrairement aux banques, même s'ils nous sont prêtés, on ne peut rappeler le prêt !